Bruxelles, 26/02/2008 (Agence Europe) - Dimanche 24 février, le peuple suisse a approuvé par référendum, à une faible majorité (50,5% de votes pour), la proposition du gouvernement helvétique de lancer une réforme fiscale en vue de maintenir l'attractivité économique de la Suisse. « La réforme sera menée de manière entièrement autonome, donc non négociée avec Bruxelles. Mais elle pourrait aussi être une réponse au différend avec l'UE qui porte sur les distinctions fiscales entre trois types de personnes morales », a déclaré Hans-Rudolf Merz, conseiller fédéral du Département des Finances, dans une interview accordée au quotidien Le Temps. Interrogé sur sa volonté de faire d'une pierre deux coups, c'est-à-dire adopter une réforme fiscale qui règle aussi le différend fiscal empoisonnant les relations UE/Suisse, il a ajouté: « C'est exactement mon objectif ». L'UE estime que les règles fiscales appliquées par des cantons suisses à certaines entreprises (sociétés d'administration, mixtes et holding), établies en Suisse mais actives dans l'UE, constituent des aides d'État au titre de l'accord UE/Suisse de libre-échange de 1972 (voir EUROPE n° 9485 et n° 9427). La Suisse invoque sa souveraineté fiscale et rejette tout droit de regard de l'UE sur sa politique en la matière. (M.B.)