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Bulletin Quotidien Europe N° 9592
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/multilinguisme

Promouvoir l'apprentissage d'une « langue personnelle adoptive », une idée qui séduit la Commission

Bruxelles, 31/01/2008 (Agence Europe) - Présentant les résultats du rapport réalisé par le groupe des intellectuels mené par M. Amin Maalouf sur l'apport des langues au dialogue interculturel, la Commission européenne s'est montrée favorable, jeudi 31 janvier, à l'idée d'apprendre une « langue personnelle adoptive ». Cette langue ne serait ni la langue maternelle ni l'anglais, langue de travail par excellence dont la connaissance est quasi obligatoire aujourd'hui, mais une seconde langue maternelle en quelque sorte, choisie en fonction de ses affinités culturelles, professionnelles, ou pour d'autres raisons personnelles. Si les Etats membres orientaient leurs citoyens en ce sens, l'Europe mettrait en valeur la richesse culturelle et linguistique qui la rend si particulière, au moment où le danger d'une uniformisation au profit de l'anglais se profile. Cette approche permettrait en outre un dialogue particulièrement enrichissant entre personnes de communautés linguistiques différentes et enrichirait le curriculum vitae des demandeurs d'emploi. Enfin, elle permettrait une meilleure intégration des immigrés dans leur pays d'accueil via l'apprentissage de la langue du pays dans lequel ils ont choisi de s'établir. De leur côté, les nationaux devraient se tourner prioritairement vers les langues d'origine de leurs populations immigrées pour approfondir leurs relations avec elles, préconise le rapport. « Les propositions présentées concordent avec le souhait des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne exprimé en 2002 à Barcelone, que l'on enseigne deux langues étrangères en plus de la langue maternelle dans l'UE. Une bonne connaissance des autres langues jette des ponts et favorise la compréhension des autres cultures », a commenté Leonard Orban, commissaire européen responsable du multilinguisme.

Deux grands points peuvent être relevés dans les propositions de ce rapport baptisé « Un défi salutaire »: 1) les relations bilatérales entre les peuples de l'UE devraient se passer prioritairement dans les langues des deux peuples concernés plutôt que dans une langue tierce. Chaque langue devrait avoir, dans chaque pays, un nombre suffisant de locuteurs compétents ; 2) l'UE devrait prôner la notion de « langue personnelle adoptive », à considérer comme une « seconde langue maternelle » que chaque citoyen européen serait encouragé à apprendre ; elle devrait être intégrée dans le cursus scolaire et universitaire ainsi que dans la vie professionnelle de chacun, et étroitement liée aux aspects touchant à l'histoire, à la culture et à la littérature ; en principe, cette langue adoptive ne serait pas celle utilisée pour la communication internationale. Dans le but d'assurer cette diversité linguistique, les pays devraient créer un organisme commun chargé de favoriser la connaissance de la langue et de la culture de l'autre. Quand il s'agit de construire une Union entre des peuples, cela ne signifie pas qu'il faille abandonner sa langue et sa culture, mais au contraire profiter de cette Union pour préserver et sublimer ses différences, a souligné M. Maalouf. Une grande conférence interministérielle se tiendra le 15 février prochain au cours de laquelle le rapport sera présenté aux représentants nationaux. En septembre, la Commission adoptera une communication dans laquelle elle présentera sa stratégie en matière de multilinguisme, sur base des conclusions du présent rapport, avec la collaboration de tous les acteurs concernés, du Parlement européen et des parlements nationaux, a souligné M. Orban. Le rapport est disponible dans toutes les langues sur: http: //ec.europa.eu/education/policies/lang/languages_en.html (I.L.)

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