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Bulletin Quotidien Europe N° 9567
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe /afrique

Conseil et Commission défendent les résultats du Sommet de Lisbonne

Strasbourg, 17/12/2007 (Agence Europe) - Deux jours après la clôture du Sommet UE/Afrique de Lisbonne (voir EUROPE No 9561), le Parlement européen, réunie en plénière, a écouté les déclarations du Conseil et de la Commission et eu la possibilité de réagir « à chaud » aux résultats d'une réunion qui est une « première » pour les relations Europe/Afrique.

Le Sommet Europe/Afrique de Lisbonne représente un « virage » dans les relations entre ces deux entités , a déclaré d'emblée le président du Conseil Manuel Lobo Antunes (en répliquant à la fin du débat à un certain nombre de critiques, il a cependant admis qu'on ne pouvait pas parler de « révolution ».) Les participants ont compris qu'il faut placer les relations réciproques sur un autre plan, en développant notamment la coopération avec la société civile et les ONG en Afrique, qui sont appelées à jouer un plus grand rôle dans l'avenir du continent.

« Message fort et nouveau, changement radical »: c'est ainsi que Louis Michel a caractérisé le Sommet de Lisbonne, un Sommet où les Européens ont dit au Zimbabwe que son comportement en ce qui concerne les droits de l'Homme « porte tort à la volonté de réforme dans d'autres pays africains ». Les droits de l'Homme ne sont plus un sujet tabou, a ajouté le commissaire européen au développement, en affirmant que si les gouvernements africains doivent faire des efforts dans ce domaine, ce n'est pas « pour faire plaisir aux Européens », mais dans l'intérêt de leurs peuples. Quant aux mécanismes institutionnels, M. Michel estime que les ministres des Affaires étrangères et du Développement de l'UE ne devraient pas avoir le monopole de l'examen des questions touchant à l'Afrique, mais qu'il faudrait institutionnaliser le principe de « réunions ministérielles conjointes régulières » avec la participation d'autres ministres. M. Michel a enfin exprimé l'espoir de voir un jour la budgétisation du Fonds européen de développement (FED).

Sur ce point, le commissaire a reçu le plein soutien du Français Thierry Cornillet (ALDE), qui souligne l'importance du contrôle budgétaire non seulement de la part du PE, mais aussi des parlements africains. Oui, on est passé «du monologue au dialogue », admet la Néerlandaise Maria Martens (PPE/DE), tout en regrettant une participation parlementaire insuffisante à la réunion (ce qui a été ensuite vivement contesté par M. Michel). La verte française Marie Anne Isler Béguin est heureuse de voir le continent africain s'organiser et s'émanciper. Mais, demande-t-elle à la Commission, qui donc a exigé qu'on parle du nucléaire ? Ce sont les Africains eux-mêmes qui l'ont voulu, a répondu M. Michel, tout en précisant qu'il s'agissait d'une question de principe (la possibilité de parler du nucléaire) plutôt que d'une question de fond (l'éventualité d'un « développement » nucléaire en Afrique). Le Britannique Gerard Batten (ID) s'en est pris à son premier ministre Gordon Brown: il aurait dû aller à Lisbonne et parler à M. Mugabe dans des termes aussi clairs qu'Angela Merkel.

A l'issue du débat, M. Michel a indiqué que la situation au Darfour. Ce n'était pas un sujet prioritaire du Sommet, mais l'UE a évoqué dans des termes très clairs la possibilité d'un « déplacement rapide de la force hybride » sur place. S'agissant des Accords de partenariat économique (APE), il est totalement faux, s'est insurgé M. Michel, d'affirmer comme le font certains (notamment l'Allemande Gabriele Zimmer, GUE/gauche verte nordique) que leur but essentiel est de soutenir les grands investisseurs européens en Afrique. Les APE ont été critiqués aussi par certains pays africains, reconnaît le commissaire, mais il a rappelé que leur but principal est de protéger les plus faibles, notamment par toute une série de dispositions (asymétrie, périodes de transition). Enfin, l'intégration économique est, pour M. Michel, l'aspect le plus important du développement: on n'a pas beaucoup avancé sur ce point, a-t-il admis, mais on y travaillera toute l'année prochaine. (L.G.)

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