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Bulletin Quotidien Europe N° 9559
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/ccgolfe

Relance laborieuse des négociations pour un accord de libre échange - L'Iran propose un pacte de sécurité

Bruxelles, 06/12/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne et les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) ont relancé leurs négociations pour un accord de libre-échange en souffrance depuis des années alors que l'essentiel a été bouclé. Une session de négociations a eu lieu à Bruxelles du 26 au 29 novembre à Bruxelles mais qui n'a pas abouti au bouclage des pourparlers. En cause, des vues non concordantes sur un certain nombre de sujets techniques tels que le respect des règles de concurrence, de la propriété intellectuelle, dans les services, les marchés publics et sur des mécanismes de gestion commerciale (restrictions quantitatives, etc.). Les discussions se poursuivront en janvier. Entre-temps, le Commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, a évoqué à Doha le contenu de ces négociations avec ses différents interlocuteurs en marge du sommet du CCG qui a achevé ses travaux le 4 décembre au Qatar.

A Bruxelles, l'espoir demeure de parvenir à une conclusion rapide si la volonté politique y est mise. Un certain étonnement est néanmoins marqué face aux affirmations, dans la presse du Golfe, que les négociations ont "échoué". Cela découle notamment de déclarations à la presse des ministres des Finances et de l'Economie et du Commerce de l'émirat de Qatar à l'issue d'entretiens avec le commissaire Mandelson. "Nous avons discuté avec M. Mandelson de l'accord de libre- échange (...) mais certains points ont besoin d'être réformulés pour répondre aux demandes des deux parties", a déclaré l'un des deux ministres. Il ressort de ces déclarations que le CCG est "mécontent des hauts tarifs douaniers imposés par l'UE à ses produits raffinés pétroliers et l'aluminium". Des statistiques du CCG sont citées à l'appui indiquant que les six pays membres constituent le cinquième marché pour les exportations de l'UE alors que le déficit de leur commerce avec l'UE serait très important, s'élevant à 17 milliards de dollars.

Le sommet du CCG s'est terminé sur l'annonce, renouvelée, de créer dès 2008 un marché commun régional sur lequel la liberté de circulation des capitaux, des marchandises et des personnes sera assurée. Ils ont réaffirmé leur vœu de lancer dès 2010, une monnaie unique, en dépit du scepticisme et des hésitations de certains des six pays membres. La chute continue du dollar inquiète ces pays producteurs de pétrole qui ont dû finalement renoncer à décrocher leurs monnaies de la devise américaine. Leur principal sujet de préoccupation durant le "sommet" aura été de déterminer quelle attitude tenir face au voisin iranien dont le président a rendu une visite surprise aux six chefs d'Etat avec la complicité bienveillante du pays hôte, le Qatar. S'adressant au "sommet", Mahmud Ahmadinejad a proposé un pacte politique pour assurer la sécurité de la région du "Golfe persique" (au risque de heurter ses interlocuteurs par l'usage de ce terme controversé).

La solution suggérée par le dirigeant iranien laisse poindre la perspective d'une "neutralisation" des pays du Golfe en cas d'attaque américaine contre son pays. L'idée n'est pas rejetée par les six monarchies pétrolières déjà échaudées par les conséquences de l'intervention américaine en Irak. (F.B.)

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