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Bulletin Quotidien Europe N° 9532
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/jai

Les initiatives de la Commission sur l'immigration légale sont un « premier pas dans la bonne direction »

Bruxelles, 26/10/2007 (Agence Europe) - Les députés ont réagi de manière assez positive à l'idée d'introduire dans l'UE une « carte bleue » pour les immigrés hautement qualifiés, même si de nombreuses lacunes restent encore à combler. La Commission européenne avait présenté, mardi 23 octobre, deux propositions de directive, l'une relative à la création d'une « carte bleue » et l'autre relative aux droits des migrants venant travailler dans l'Union (EUROPE n° 9529 et 9530). Comme le rappelle à juste titre le président du groupe ALDE, le Britannique Graham Watson, « notre force de travail fera face, d'ici à 2030, à une diminution comparable à la taille de la population actuelle de la Roumanie (soit plus de 20 millions), donc il est nécessaire d'agir maintenant ».

Lilli Gruber (PSE, italienne), qui est l'auteur d'un rapport sur l'immigration légale débattu mercredi 24 octobre en plénière, juge que la proposition de « carte bleue » est un « premier pas dans la bonne direction, même s'il demeure timide ». Si la préférence communautaire reste appliquée dans de larges secteurs de l'économie, « il est indiscutable qu'il existe une demande de compétences spécifiques - variable d'un pays à l'autre- qui ne rencontre pas d'offres adéquates à l'intérieur de l'UE. Dans ces cas, il est normal d'ouvrir les portes de l'Europe », estime-t-elle. Même opinion pour l'Espagnol Javier Moreno Sanchez, rapporteur sur la politique de lutte contre l'immigration illégale: « Avec cette carte, on se concentre sur les travailleurs qualifiés. Mais il faudra aussi établir un statut commun pour le reste des travailleurs immigrés, dont nous avons autant besoin, tant d'un point de vue démographique qu'économique ». Le président de la commission Libertés civiles, le Français Jean-Marie Cavada (ALDE), a accueilli favorablement la proposition de « carte bleue », soulignant néanmoins que « les députés devront examiner avec attention les clauses qui permettront de limiter la fuite des cerveaux des pays en voie de développement ». Pour Lilli Gruber, l'Europe devra faire attention « à ne pas piller les réservoirs de talents de pays qui en ont besoin, sans rien offrir en échange ». Il faudra donc soutenir les démocraties et les économies fragiles de ces pays. De même le rapporteur sur l'immigration, Manfred Weber (PPE-DE, allemand), a affirmé que « les nouvelles règles ne devront pas accroître la pression sur les millions de personnes sans emploi au sein de l'UE ». L'Italien Claudio Fava, du PSE, a jugé quant à lui que le texte pourrait être « plus courageux », par exemple en assurant une réelle liberté de mouvement des travailleurs au sein de l'UE. Allant dans le même sens, Jean Lambert (Verts/ALE, britannique) a déclaré: « La mobilité est l'une des libertés fondamentales dans l'Union et les restrictions imposées à un groupe de résidents de l'UE créent des doubles standards ». A contre-courant de ses collègues, le Britannique Philip Bradbourn (PPE-DE) a estimé que l'idée d'une « carte bleue » était « la mauvaise réponse à la mauvaise question ». Selon lui, la préoccupation de l'UE doit se situer davantage au niveau de la lutte contre l'immigration illégale, plutôt que sur la nécessité de combler les vides de talents. Pire, cette proposition va même encourager davantage de gens à s'aventurer vers l'UE dans l'espoir d'obtenir un permis de travail, déplore-t-il. Il juge aussi que les Etats membres doivent continuer à avoir le droit d'établir leurs propres paramètres lorsqu'il est question de décider qui va entrer et travailler sur leurs territoires. Il faut toutefois nuancer quelque peu ces derniers propos car à l'intérieur de sa proposition, la Commission ne propose pas de retirer cette prérogative aux Etats. (B.C.)

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