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Bulletin Quotidien Europe N° 9480
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Franco Frattini ne veut pas d'Etats membres de « seconde classe »

Bruxelles, 31/07/2007 (Agence Europe) - Le Commissaire européen chargé de la justice, de la sécurité et de la liberté, Franco Frattini, a une nouvelle fois réclamé aux Etats-Unis le respect du principe d'égalité de traitement en matière d'exemption de visas pour les vingt-sept Etats membres. Cet appel survient seulement quelques jours après que le Congrès américain a décidé de moderniser son programme d'exemption de visas intitulé « Visa Waiver Program » (voir autre nouvelle). Une fois que le président américain aura signé le projet de loi, le département américain chargé de la sécurité intérieure (DHS) déterminera quels pays seront qualifiés pour le nouveau programme. Le Commissaire, qui était lundi en visite à Budapest, a déclaré qu'il avait parlé aux officiels américains afin de s'assurer que ce système puisse s'appliquer à tous les citoyens européens. Actuellement, 12 Etats membres sur 27 en sont exclus. « Nous ne pouvons pas tolérer davantage l'existence d'Etats membres de première et de seconde classe, c'est complètement inacceptable », a martelé M. Frattini, à l'occasion d'une conférence de presse avec le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany. Cela fait plusieurs mois que l'UE se bat pour mettre fin à ce qui est considéré comme une flagrante injustice. Devant la pression constante exercée par les nombreux pays européens participant à l'effort de guerre en Irak et en Afghanistan, l'administration Bush a fait preuve de bonne volonté et a demandé au Congrès d'adopter rapidement une loi plus flexible, malgré l'opposition farouche de certains députés américains qui jugent toujours ce programme comme étant une porte ouverte aux terroristes d'Al-Qaeda basés en Europe. Cette flexibilité devrait enfin pouvoir être mise en oeuvre, en dépit de l'ajout dans le texte de loi de nombreux critères en matière de sécurité, comme par exemple l'introduction d'un nouvel outil: ETA - « Electronic Travel Authority », un dispositif qui autorisera les autorités américaines à requérir du passager, 48 heures avant d'embarquer, toute information personnelle jugée utile pour la sécurité intérieure et pour déterminer si un étranger est autorisé à se rendre aux Etats-Unis (EUROPE n°9465). Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une variante du visa, reconnaissent même certains officiels. Dans ce contexte mais aussi compte tenu des récentes déconvenues apparues avec Washington, notamment lors des négociations délicates sur le dossier PNR, l'UE a, semble-t-il, changé d'attitude. « L'heure n'est plus aux mesures de rétorsion contre Washington », a expliqué à EUROPE une source européenne, rappelant qu'il y a encore quelques mois l'UE avait menacé de rétablir les visas pour les diplomates américains. Face à un allié qui défend à juste titre les intérêts de sa population, les Européens ont préféré s'en remettre au principe d'égalité et de réciprocité lors du franchissement des frontières. Telle est la teneur du message envoyé le mois dernier par M. Frattini à son homologue américain, puisque le Commissaire envisageait clairement la possibilité d'obliger un jour les citoyens américains à se munir d'un visa d'entrée électronique avant leur départ pour l'Europe (EUROPE n°9471). (bc)

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