Bruxelles, 22/06/2007 (Agence Europe) - A l'ouverture du Conseil européen, Hans-Gert Pöttering a appelé les chefs d'Etat et de gouvernement à préserver la substance du traité. « Ce qu'il nous faut, c'est non pas moins de démocratie, mais plus de démocratie, non pas moins de transparence, mais plus de transparence, non pas moins de capacité d'action, mais plus de capacité d'action », a dit le président du Parlement européen avant de revenir sur les éléments du traité qui posent problème à une ou plusieurs délégations.
« Le caractère juridiquement contraignant de la Charte des droits fondamentaux est pour le Parlement européen un élément constitutif indispensable de tout accord. C'est une question de respect de l'Europe vis-à-vis d'elle-même. Pour nous, la charte n'est pas négociable », a ainsi affirmé le président Pöttering, avant de juger « particulièrement décevant » que « les symboles européens, en premier lieu le drapeau et l'hymne, doivent être supprimés ». La réforme est indispensable et elle doit intervenir avant 2009, a-t-il poursuivi en estimant notamment que « les nouvelles règles de vote contenues dans la Constitution, celles relatives à la double majorité, sont un pilier de l'équilibre européen ». Le Parlement européen ne peut souscrire à un délai plus long pour les négociations, a rappelé son président en affirmant que « sans réformes, telles qu'elles sont prévues dans le traité constitutionnel, il n'y aura avec notre accord aucun nouvel Etat membre dans l'Union européenne à l'exception de la Croatie ». Et d'avertir les chefs d'Etat et de gouvernement: « Aujourd'hui et demain, vous déciderez avant tout des chances d'adhésion des pays des Balkans occidentaux et, qui sait, un jour peut-être, de celles de pays comme l'Ukraine ». Interrogé en conférence de presse sur l'absence de mention de la Turquie, Hans-Gert Pöttering a expliqué qu'il avait choisi de citer l'Ukraine pour faire comprendre aux Polonais qu'un blocage de la réforme pourrait avoir des conséquences pour leurs plus proches voisins. La Pologne justement doit comprendre que la solidarité, dont elle bénéficie actuellement concernant ses exportations de viande vers la Russie, vaut pour tous les domaines de l'activité de l'UE. « La solidarité n'est pas une voie à sens unique », s'est exclamé Hans-Gert Pöttering, qui a aussi rappelé à « nos amis britanniques » qu'en signant le traité constitutionnel, ils ont approuvé les principes de base de la création d'un poste de ministre des Affaires étrangères. Et de conclure: « L'ouverture d'une Conférence intergouvernementale exige, conformément à l'article 48 du traité, l'accord du Parlement européen. Nous vérifierons si le résultat final de ce sommet reprend et inclut effectivement la substance du traité ! »
En répondant à la question d'un journaliste, Hans-Gert Pöttering s'est déclaré « attristé » par les déclarations polonaises qui expliquent la position sur le poids de la Pologne au sein du Conseil par les conséquences démographiques de la seconde guerre mondiale. « Nous ne demandons qu'une chose, qu'on nous rende ce qu'on nous a pris (…) Si la Pologne n'avait pas connu les années 1939-45, la Pologne aurait aujourd'hui la population d'un pays de soixante-six millions d'habitants », a dit Jaroslaw Kaczynski à la radio polonaise pour justifier son opposition au système de la double majorité. (oj)