Bruxelles, 22/06/2007 (Agence Europe) - De l'avis des Vingt-sept, la politique européenne intégrée en matière de climat et d'énergie, entérinée par le Conseil européen de mars, et les résultats du Sommet du G8 de Heiligendamm (6-8 juin) sous Présidence allemande constituent « une base encourageante » pour l'ouverture, en décembre des négociations internationales sur un régime global de lutte contre le changement climatique au-delà de 2012, quand aura expiré le Protocole de Kyoto. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE réunis à Bruxelles l'ont souligné, en consignant par écrit leurs orientations, dans l'espoir que l'UE et la communauté internationale capitalisent au mieux sur ces avancées.
Dans le projet de conclusions qui devait être adopté à l'issue des travaux, les leaders européens rappellent leurs conclusions de mars et dressent un bilan positif du G8, trouvant matière à satisfaction dans la référence claire à une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 50% d'ici à 2050, l'attachement témoigné au processus de négociation dans le cadre des Nations unies et la volonté exprimée d'aboutir d'ici à 2009 à un accord global pour l'après-2012.
Partant, le Conseil européen « encourage toutes les parties à participer de manière active et constructive à l'élaboration d'urgence à l'échelle planétaire, d'une réponse au défi posé par les changements climatiques, sur la base du principe des responsabilités communes mais différenciées, et compte tenu de leurs capacités respectives ». En lançant cet appel, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont à l'esprit l'ouverture de la 13ème conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 13, Bali, 3-14 décembre 2007) qui verra le lancement officiel des négociations.
S'agissant de la part que prendra l'UE dans l'effort collectif, il convient qu'elle concrétise ses ambitions. Le Conseil insiste donc sur l'importance d'une mise en œuvre effective et rapide de « l'ensemble des volets du plan global d'action dans le domaine de l'énergie », approuvé en mars, « afin de faire progresser la politique énergétique pour l'Europe ».
Pour donner corps aux engagements à long terme de l'UE en vue d'intensifier la lutte contre le changement climatique, le Conseil européen dit attendre « avec intérêt » la proposition de la Commission qui révisera le système communautaire d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre pour en améliorer le fonctionnement et en renforcer la portée, en suivant les recommandations du Conseil de l'UE.
Pour leur part, les chefs d'Etat et de gouvernement invitent la Commission à envisager d'inclure dans ce système « l'utilisation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie », et rappellent l'intention de l'UE d'étendre le système aux activités de l'aviation « sans porter atteinte à la compétitivité de ce secteur ».
Le Conseil européen insiste aussi sur l'importance d'une activité économique maritime exercée d'une manière durable pour l'environnement. Il se félicite à cet égard du vaste débat en cours en Europe sur la future politique maritime (et en particulier de la conférence qui a eu lieu à Brême en mai 2007) et invite la Commission européenne à élaborer un plan d'action européen pour le présenter dès octobre prochain.
Jugeant qu'il « apparaît de plus en plus clairement que les changements climatiques auront des conséquences considérables sur les questions de sécurité internationale », le Conseil européen invite le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, et la Commission européenne à « coopérer étroitement sur cette question importante » et à lui présenter un rapport conjoint lors du Sommet de printemps de 2008.
Poursuivre le processus de Heiligendamm avec les pays émergents
Saluant la mise en place « d'enceintes de dialogue » avec les économies émergentes, le Conseil européen se félicite de « la nouvelle forme de dialogue » inaugurée par le G8 avec l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine , l'Inde et le Mexique, notamment » pour débattre du changement climatique. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE estiment que le « processus de Heiligendamm » doit se poursuivre pour « intensifier le dialogue politique et stimuler la coopération avec ces pays », dans un large éventail de domaines comme l'innovation et la propriété intellectuelle, les conditions d'investissement (sans escamoter la question du comportement responsable des entreprises), l'efficacité énergétique et la coopération au développement. (an)