Bruxelles, 02/03/2007 (Agence Europe) - Dominés par la préparation du Conseil européen des 8/9 mars, les travaux des ministres des Affaires étrangères, lundi 5 mars, porteront aussi sur la situation au Darfour, en Ouzbékistan, dans les Balkans occidentaux, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Iran. En marge du Conseil Affaires générales/Relations extérieures de lundi, qui sera présidé par Frank-Walter Steinmeier, se tiendra également un Conseil d'association avec Israël, en présence de la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni (voir autre nouvelle). Mardi aura lieu un Conseil d'association UE/Egypte, avec le ministre Ahmed Aboul-Gheit, qui marquera l'adoption formelle, après deux ans de négociations, d'un plan d'action dans le cadre de la politique européenne de voisinage (PEV). Cette réunion sera suivie d'une troïka UE/Serbie, à laquelle participera le Président Boris Tadic, et d'un Conseil de stabilisation et d'association avec la Croatie.
Lundi, les ministres se pencheront sur les projets de conclusions du Sommet de printemps, dont les deux grands thèmes, l'énergie et le climat, aboutiront à « des décisions très concrètes et ambitieuses », a anticipé vendredi un haut représentant de la Présidence allemande. A l'issue de la réunion des ambassadeurs des Vingt-sept du 28 février, quatre grandes questions politiques semblent devoir remonter au Conseil européen pour être intégrées dans le plan d'action pour la politique énergétique de l'UE, a précisé un autre diplomate. Il s'agit de: (a) La définition d'objectifs contraignants pour la part d'énergies renouvelables à atteindre dans la consommation énergétique d'ici 2020 (20%) ; (b) La notion de séparation des activités de production et de réseau ('unbundling'), à propos de laquelle les chefs d'Etat pourraient privilégier la voie suivie par les ministres de l'Energie (EUROPE n° 9367) et reporter à plus tard toute décision sur la séparation de propriété ('ownership unbundling') ; (c) La question des industries fortement consommatrices d'énergie, pour lesquelles certains Etats membres souhaitent une formulation qui tienne compte de leurs difficultés à faire les efforts nécessaires en vue d'atteindre les objectifs de consommation énergétique. L'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Belgique ont notamment plaidé en ce sens lors de la réunion du Coreper ; (d) L'insertion d'une référence plus explicite aux principes de la Charte de l'énergie et son protocole de transit en vue d'un nouvel accord de partenariat avec la Russie. La Lituanie s'est fait l'écho des préoccupations manifestées de longue date par la Pologne sur ce point lors de la réunion des ambassadeurs de l'UE, insistant pour que la Russie se comporte en fournisseur d'énergie fiable (voir notamment EUROPE n° 9374).
Ces questions seront abordées par les chefs d'Etat et de gouvernement jeudi soir, avant les traditionnels dîners de travail séparés, lors desquels les dirigeants devraient évoquer les éléments qui seront repris dans la Déclaration de Berlin du 25 mars prochain. Les quatre paragraphes du texte décriront les acquis de cinquante années d'intégration européenne, les bases des valeurs communes, les politiques communes et enfin, « le plus difficile », selon un diplomate allemand, les éléments relatifs à l'avenir de l'UE. Les questions internationales (Somalie, Liban, Irak) seront au menu des ministres des Affaires étrangères, jeudi soir, et celles liées aux aspects financiers de la politiques énergétiques et de R&D de celui des ministres des Finances.
Le lendemain, vendredi, les chefs d'Etat reviendront sur la partie des conclusions ayant trait à la stratégie de Lisbonne, à savoir les recommandations par pays et pour la zone euro sur les lignes directrices intégrées d'une part et les objectifs de réduction de la charge administrative pour les entreprises d'autre part (EUROPE n° 9374 et 9375).
Alors que le mandat pour la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) a été prolongé jusqu'au 30 juin 2007, son financement n'est assuré que jusqu'à fin mars. Adoptant des conclusions sur la situation au Soudan, qui continue de se détériorer, le Conseil « Relations extérieures » de lundi cherchera surtout à progresser en vue de réunir la somme nécessaire à la poursuite d'AMIS et au passage à une mission hybride (Nations Unies, UA et Soudan). Mis à part le Canada, qui a envisagé de participer à hauteur de 41 millions d'euros, aucun autre pays, y compris au sein de l'UE, n'a pour l'instant annoncé de contribution à cette mission dont le financement est évalué à 200 millions d'euros, d'après un diplomate allemand.
Si les conclusions prévues à ce stade sur l'Ouzbékistan prévoient de « regretter » le refus persistant de Tachkent d'organiser une deuxième réunion avec les Européens sur les questions des droits de l'Homme et la répression d'Andijan (la première a eu lieu en décembre), l'annonce vendredi par le gouvernement ouzbek d'accepter une nouvelle rencontre d'experts de ce type amènera le Conseil à « adapter » le texte actuel, a indiqué la Présidence allemande. En novembre, le Conseil avait prolongé d'un an l'embargo sur les armes à destination du pays et de six mois les restrictions aux visas, imposés en novembre 2005, suite aux événements sanglants d'Andijan en mai de la même année (EUROPE n° 9305). Ces mesures doivent faire l'objet d'une révision après trois mois, à la lumière des actions du gouvernement ouzbek en matière de droits de l'Homme. Selon le projet de conclusions, une réévaluation des sanctions par le Conseil est prévue en mai.
Concernant les Balkans occidentaux, les ministres se féliciteront de la formation d'un nouveau gouvernement en Bosnie-Herzégovine, encourageant les autorités du pays à mettre en œuvre rapidement les mesures nécessaires à la conclusion d'un accord de stabilisation et d'association (ASA), notamment la réforme de la police. Le 27 février, le Conseil avait prolongé le mandat du Haut représentant Christian Schwarz-Schilling et entériné le redéploiement des troupes de la mission EUFOR-ALTHEA, qui seront ramenés de 6.100 soldats actuellement à 2.500 début juin prochain.
Au déjeuner, les ministres reviendront sur les derniers développements au Proche-Orient, depuis la réunion du Quartette (EUROPE n° 9372) et les visites de Mahmoud Abbas en Europe (EUROPE n° 9373) et de Benita Ferrero-Waldner dans la région (EUROPE n° 9376), qui ont suivi l'accord de La Mecque le 8 février dernier. Ils feront enfin le point et adopteront des conclusions sur la situation en Iran, qui refuse toujours d'obtempérer à la résolution 1737 des Nations Unies et s'expose à de nouvelles sanctions. (ab)