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Bulletin Quotidien Europe N° 9378
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet de printemps

Revirement de Londres en faveur d'un objectif contraignant pour les énergies renouvelables

Bruxelles, 02/03/2007 (Agence Europe) - Il s'agit d'un revirement total de Londres à la veille du Conseil européen de printemps (8 et 9 mars): la semaine prochaine, le Premier ministre britannique Tony Blair va soutenir un objectif contraignant de 20% pour la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique total de l'Union d'ici 2020. En effet, depuis janvier dernier et l'adoption par la Commission du paquet « énergie et changement climatique », le Royaume-Uni faisait preuve de réticences à accepter la nature contraignante de cet objectif. Dans le cadre du Conseil Energie, le 15 février dernier (EUROPE n° 9367), le secrétaire d'Etat britannique à l'Industrie, Alistair Darling, s'était prononcé en faveur d'une « approche plus flexible et non contraignante ». Selon son porte-parole, cité par le Financial Times du 1er mars, devant ses homologues, le chef du gouvernement britannique devrait défendre l'idée que l'Europe doit être liée par des objectifs obligatoires dans le domaine des énergies renouvelables pour lutter efficacement contre le changement climatique et les émissions de carbone dont les Vingt-sept devraient, la semaine prochaine, accepter la réduction de 20% de manière unilatérale pour l'Union d'ici 2020. Actuellement, 5% seulement de la production d'électricité au Royaume-Uni est d'origine renouvelable, cette part devant atteindre, selon les prévisions, 6,7% en 2007, et l'objectif étant d'atteindre 10% en 2010. Londres estime toutefois que le potentiel éolien offshore britannique devrait permettre d'aboutir à une part d'électricité d'origine renouvelable de 20% en 2020.

En revanche, contrairement à ce qu'affirmait le FT jeudi, la France refuse toujours de se rallier à un objectif contraignant pour les renouvelables, objectif notamment soutenu par l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la Slovénie, la Suède et maintenant le Royaume-Uni. « Nous ne sommes pas en faveur d'un objectif contraignant. C'est à chaque Etat membre, en toute souplesse et subsidiarité, de se fixer un objectif », a déclaré jeudi une source gouvernementale française citée par Reuters. « L'objectif final qui compte, c'est la réduction des émissions de CO2 », avait estimé, en marge du Conseil Energie le 15 février dernier le ministre français de l'Industrie, François Loos. La France, dont la production d'électricité est d'origine nucléaire à hauteur de 78%, aurait préféré fixer un objectif global dans le bouquet énergétique pour les énergies à faible teneur en carbone, le nucléaire ne générant pas d'émissions. Enfin, de source gouvernementale, la Pologne, dont le ministre de l'Industrie, Piotr Wozniak, avait pointé du doigt la semaine dernière le degré d'ambition « trop élevé » qui constituerait une réduction unilatérale de 20% des émissions de carbone pour l'Union d'ici 2020, resterait défavorable à l'adoption d'un objectif contraignant pour les énergies renouvelables. (eh)

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