Varsovie, 22/02/2007 (Agence Europe) - Alors que la Présidence allemande de l'UE cherche à réanimer le Traité constitutionnel et se fixe comme objectif d'avoir un nouveau Traité en place pour les élections européennes de 2009, la Pologne voit plutôt d'un bon œil un délai supplémentaire pour résoudre le problème institutionnel de l'UE. « Nous ne voyons pas l'Union européenne souffrir d'une crise institutionnelle mais nous sommes conscients que certains Etats membres ne partagent pas ce point de vue optimiste », a déclaré mercredi 21 février le conseiller pour les affaires européennes du président Lech Kaczyñski, Marek Cichocki, à des journalistes en visite dans la capitale polonaise. « Si nous avons besoin de plus de temps [pour adopter un nouveau texte, NDLR], ce n'est pas une tragédie », a-t-il poursuivi, ajoutant que « 2011 pourrait être mieux parce que la Pologne assurera la Présidence » du Conseil. Si le Traité de Nice, actuellement en vigueur, dote la Pologne d'autant de voix au Conseil européen que l'Espagne et presque autant que l'Allemagne et la France, il « n'est pas la meilleure solution » et doit être réformé, estime par ailleurs M. Cichocki. Le président Kaczyñski resterait toutefois attaché à un système qui protégerait les petits et moyens pays dans l'Union élargie. Ainsi, selon son conseiller, le président polonais jugerait « inacceptable » le principe de la double majorité contenu dans le Traité constitutionnel (que la Pologne n'a pas ratifié à ce stade) qui prévoit qu'une décision à la majorité qualifiée au Conseil des ministres nécessite le soutien de 55% des Etats membres représentant au moins 65% des citoyens européens. « En Pologne, il y a un large consensus selon lequel ce système est inacceptable, mais nous voulons un compromis », a assuré M. Cichocki. Varsovie reconnaît donc la nécessité que le Traité de Nice soit réformé, mais le temps ne presse pas. Selon le conseiller en affaires européennes du président polonais, contrairement à ce que défend la chancelière allemande Angela Merkel, l'UE n'a pas besoin d'un nouveau traité pour poursuivre son élargissement. « La Croatie ne doit pas être prise en otage par des décisions sur un nouveau traité », estime M. Cichocki.
S'exprimant mardi 20 février au Forum national pour l'Europe à Dublin, le Président Kaczynski s'est dit favorable à l'adoption d'un nouveau traité qui soit « suffisamment remanié » pour ne pas mettre en cause la souveraineté polonaise. Minimisant la crise institutionnelle depuis les rejets français et néerlandais du projet de traité constitutionnel, il a reconnu la nécessité de « remettre de l'ordre dans les relations au sein de l'Union », estimant que seule l'adoption d'un traité qui ne soit pas qualifié de constitutionnel mais de « fondamental » pouvait y parvenir. « L'Europe est toujours une Europe des nations », a-t-il ajouté, soulignant que la Pologne, « souveraine seulement depuis 1989 », est « sensible » aux initiatives qui limiteraient sa souveraineté. « Notre pays est entièrement libre seulement depuis dix-huit ans. Il est évident que nous sommes particulièrement sensibles à toute tentative de restreindre cette liberté », a-t-il dit. (eh)