Bruxelles, 09/02/2007 (Agence Europe) - A un mois du Conseil européen des 8 et 9 mars, qui consacrera en partie ses travaux à la politique énergétique et environnementale de l'Union, les Vingt-sept restent divisés sur les propositions de la Commission en matière d'énergies renouvelables (paquet « énergie et changement climatique », voir EUROPE n° 9341). A titre de contribution pour le Sommet de printemps, le Conseil Energie et le Conseil Environnement, respectivement des 15 et 20 février, doivent adopter des conclusions sur la politique énergétique préconisée par la Commission en liaison avec un plan pour limiter l'impact du changement climatique. Dans ces deux enceintes, les travaux préparatoires ont fait apparaître des divergences sur la nature et le niveau des objectifs de part de marché proposés par la Commission pour les énergies renouvelables en général (20 % d'ici 2020) et pour les biocarburants en particulier (10 %), ainsi que sur leur différenciation pour tenir compte des réalités nationales.
De source communautaire, dans le cadre des travaux préparatoires au Conseil Energie, un consensus est palpable sur le niveau de l'objectif proposé en ce qui concerne la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'Union d'ici 2020: tous seraient en faveur d'une cible de 20%. En revanche, la nature de l'objectif fait l'objet de divergences entre trois groupes d'Etats membres: - ceux, peu nombreux, qui sont en faveur d'un objectif contraignant. C'est le cas de l'Espagne. L'Allemagne, qui assure la présidence du Conseil, ne s'est pas publiquement manifestée lors des travaux préparatoires des Conseils Energie (15 février) et Environnement (20 février). On sait toutefois qu'elle a donné un clair soutien en ce sens à la Commission (interview du Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs, EUROPE n° 9344) ; - ceux, assez nombreux, qui préfèrent s'orienter vers des objectifs indicatifs. C'est notamment le cas de la France, de la Pologne et du Royaume-Uni ; - ceux, assez nombreux également, qui n'ont pas de position arrêtée à ce stade, comme les Pays-Bas.
Parmi les propositions présentées par la Commission, le projet d'objectif contraignant de part de marché pour les biocarburants fait lui aussi l'objet de divergences entre les Etats membres, aussi bien sur le plan de la nature que du niveau. Si presque tous les Etats membres sont en faveur d'un objectif de 10%, quelques-uns comme la Lettonie et la Lituanie seraient prêts à faire davantage. Faisant partie des très « bons élèves » en matière de biocarburants, l'Allemagne a elle aussi défendu un objectif de 12,5% qui, entre crochets, figurait encore dans le projet de conclusions du Conseil Energie en milieu de semaine avant que ne soit proposée une cible de 10%. En outre, si certains Etats membres estiment que cet objectif doit être obligatoire, comme le suggère la Commission, d'autres jugent qu'il doit être seulement indicatif. Ainsi, Lettonie et Lituanie, qui sont, en termes de niveau, prêts à consentir davantage d'efforts, divergent sur la nature de l'objectif, Riga penchant pour une cible indicative et Vilnius pour un objectif contraignant.
Enfin, lors de la préparation du Conseil Energie, plusieurs Etats membres ont exprimé des inquiétudes en ce qui concerne l'impact éventuel sur la compétitivité de l'Union des ambitieux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 envisagés par la Commission, à savoir 20% de réduction unilatéralement et 30% si les pays développés et émergents s'engagent dans le cadre d'un accord international contraignant. (eh)