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Bulletin Quotidien Europe N° 9335
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

L'année européenne 2007 s'ouvre dans une atmosphère plus favorable

Une double éclaircie. Commencer l'année par quelques remarques modérément optimistes, c'est toujours agréable. Je ne me réfère pas aux vœux traditionnels remplis de prévisions artificielles et exorbitantes pour l'année qui commence, mais à la constatation que l'année 2006 s'est terminée par quelques résultats positifs et que les évolutions qui s'annoncent pour 2007 vont dans la bonne direction. Rien de sensationnel, mais l'atmosphère est moins sombre que celle du début des années précédentes, aussi bien pour l' «Europe des résultats» que pour les perspectives de relance. Cette double éclaircie, on commence à la ressentir dans les commentaires et même en partie dans l'opinion publique. Certes, les franges sombres persistent et les prophètes du malheur, qui voient une Europe en pleine décadence incapable de jouer son rôle dans le monde, ne désarment pas. Mais quelque chose bouge ; les défenseurs de l'Europe intégrée retrouvent leur voix et leur assurance, même chez les jeunes, qui épaulent à présent les quelques anciens qui ne s'étaient jamais tus.

En 2005 et dans la première partie de l'année dernière, l'UE avait été intellectuellement déchirée entre deux doctrines, l'une favorable à l'« Europe des résultats », invitant à laisser de côté le débat constitutionnel, l'autre estimant que seul un traité fondamental peut relancer la machine et indiquer le chemin. Cette opposition était artificielle, car les deux voies sont nécessaires. Jean-Claude Juncker, qui parle avec clarté et simplicité parce qu'il voit clair, avait dit en novembre dernier (devant les parlementaires français): « on parle de la nécessité d'une Europe des résultats. Je me rallie volontiers à cette approche, tant qu'elle n'est pas présentée comme une alternative au traité fondamental dont nous avons cruellement besoin ». C'est donc dans l'une comme dans l'autre direction qu'il faut rechercher les éléments justifiant l'optimisme modéré et le retour de la confiance en ce début d'année.

L'Europe des résultats. La montée en puissance du Parlement européen, l'efficacité et la bonne foi de la Présidence finlandaise du Conseil dans la recherche de solutions permettant à l'UE d'avancer et la disponibilité de la Commission à contribuer à certains compromis indispensables ont permis, dans les dernières semaines de 2006, quelques résultats remarquables (qui jettent les bases pour d'autres). Je ne me réfère pas à des avancées théoriques ou doctrinaires mais à des textes qui auront une influence directe sur la vie des citoyens, sur la protection de l'environnement, sur l'activité industrielle: la directive «services», le règlement REACH sur les produits chimiques, le règlement financier qui permettra de concrétiser le réseau européen des transports, la directive «Télévision sans frontières» renouvelée, le nouveau Fonds européen qui permettra de pallier certains effets négatifs de la mondialisation. Je pourrais en citer d'autres. Je sais que ces textes ne plaisent pas à tout le monde, et que, dans quelques cas, ils ont été vertement critiqués ; mais ils auraient reçu encore plus de critiques s'ils avaient évolué dans le sens de ceux qui le rejettent.

C'est la loi de la démocratie: il est impossible de donner entièrement satisfaction à toutes les orientations politiques et à 25 pays en même temps. Il existe toutefois quelques critères qui permettent d'évaluer si une décision est globalement positive ; j'ai essayé d'effectuer au début décembre cet exercice périlleux d'évaluation globale à propos de la directive « services » (bulletin n. 9318) et je le répéterai demain à propos de REACH. Je me limite pour le moment à confirmer qu'à mon avis, l'Europe des résultats avance, y compris dans quelques domaines où l'objet n'est pas d'approuver un texte mais de définir des politiques: la nouvelle politique commerciale, par exemple. Même la «stratégie de Lisbonne» progresse: après l'erreur de départ de fixer des échéances intenables, les réformes se multiplient et dans quelques Etats membres les effets deviennent de plus en plus visibles.

Le projet constitutionnel. La période de réflexion sur la relance constitutionnelle, tellement décriée à juste titre lorsqu'elle ne produisait rien, commence à porter ses fruits. Il y a une avalanche de projets, dont certains ne laisseront pas beaucoup de traces mais dont l'une ou l'autre formule pourra devenir utile. Et surtout, quelques idées fortes sont désormais largement admises: l'abandon du terme «Constitution», qui génère des malentendus ; l'exigence d'un traité fondamental, car son absence a un coût exorbitant ; la renonciation à une nouvelle Convention, qui aurait forcément l'ambition de tout reprendre à zéro, alors que le projet actuel offre tellement d'innovations utiles. Rien n'est acquis et ceux qui prétendent que la Constitution est morte ne désarment pas ; mais la Présidence allemande est décidée à avancer, et elle le fera.

(F.R.)

 

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