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Bulletin Quotidien Europe N° 9317
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/avenir de l'europe/irlande

Préservons « l'équilibre et la substance » de la Constitution européenne, plaide Bertie Ahern

Bruxelles, 29/11/2006 (Agence Europe) - Une option « juste et réaliste » consisterait à revenir, au moment approprié, « à l'équilibre et à la substance » du Traité constitutionnel européen, dans le cadre d'un processus inclusif, tenant compte des préoccupations exprimées dans plusieurs Etats membres, a affirmé le 29 novembre à Bruxelles le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, lors d'un débat du Parlement européen sur l'avenir de l'Europe - une première pour une plénière du Parlement européen (qui, d'après les règles, reçoit en plénière seulement des chefs d'Etat). M. Ahern a été généralement bien accueilli, à quelques exceptions près: James Hugh Allister (Unionist Party d'Irlande du Nord), qui s'est demandé si M. Ahern était venu au Parlement européen pour se bercer, en vue des prochaines élections irlandaises, dans « l'adulation des eurofanatiques », et Kathy Sinnnott (Indépendance et démocratie, Irlandaise) qui, en citant à tour de bras la destruction de l'industrie irlandaise du sucre et Oliver Twist, a contesté l'image d'une Irlande économiquement et socialement exemplaire. Cher Taisoeach, a dit le Président Borrell en accueillant Bertie Ahern, vous êtes « un témoin privilégié » de l'histoire de l'UE de ces dernières années, vous êtes un des doyens des vingt-cinq: arrivé au pouvoir en 1997, vous avez vécu les négociations du Traité d'Amsterdam et le « marathon du Traité de Nice » (un traité rejeté par les Irlandais lors du référendum de 2001 mais finalement accepté dix-huit mois après, en 2002, après une intense campagne d'information du public), et vous avez pris votre bâton de pèlerin, après la Convention qui a rédigé la Constitution européenne, pour la défendre dans les capitales. En outre, depuis cinq ans, avec votre National Forum on Europe, vous menez dans votre pays un véritable « débat citoyen » sur les questions européennes, a tenu à rappeler Josep Borrell (qui devait s'adresser au Forum le 30 novembre à Dublin et rencontrer son président, le Sénateur Maurice Hayes). Pour la première fois, nous utilisons la langue irlandaise en plénière, a tenu à souligner Josep Borrell: à partir de janvier prochain, elle sera la 21ème langue officielle, s'est félicité M. Ahern, qui a voulu rappeler dans ce contexte (en irlandais) la contribution de l'Europe, au cours de ces dernières années, au processus de pacification en Irlande du Nord.

Dans sa brève intervention, Bertie Ahern, qui a été interpellé surtout par des élus irlandais (qui se sont exprimés en partie en irlandais, comme le travailliste Proinsias de Rossa ou l'élu du Fianna Fail Brian Crowley), a surtout tenu à souligner les acquis de la construction européenne, et ce qu'elle a apporté à son pays, et, en citant Robert Schuman, il s'est exclamé: « Les pères fondateurs seraient fiers » de ce que nous avons achevé, mais ils attireraient aussi l'attention sur ce que nous devons encore faire. Et les défis auxquels nous faisons face « n'ont pas été rêvés à Bruxelles ou à Strasbourg », mais ils correspondent aux exigences exprimées par nos citoyens, a insisté le Taoiseach, qui a plaidé pour la double approche qui est souvent défendue: réfléchir sur l'avenir de la Constitution européenne (et il est confiant dans le rapport d'Angela Merkel attendu en juin 2007) et des avancées concrètes sur ce que les Européens attendent. Ce qui signifie, selon lui, qu'il faut à la fois: - changer le « contexte », qu'il s'agisse de questions comme l'emploi, la mondialisation, ou même de réduction des coûts des téléphones mobiles ; - compter sur le 50ème anniversaire du Traité de Rome ; - envisager l'introduction dans le Traité constitutionnel d'éléments « additionnels », qui pourraient l'enrichir au lieu de le « miner ». Au cours du bref débat, les chefs des groupes politiques ou leurs représentants ont salué la présence du Taoiseach en plénière, mais les petits groupes ou les non inscrits se sont écartés de ces positions consensuelles. Ainsi, le président du groupe socialiste, Martin Schulz, a salué le courage de Bertie Ahern qui est venu en plénière pour défendre l'Europe, alors que d'autres le font du bout des lèvres et, dès qu'ils sont rentrés chez eux, disent que l'Europe est coupable de tout. Le président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering a estimé que « nous avons besoin de valeurs », et que le Sommet de Berlin en mars 2007 devrait montrer comment avancer, alors que l'élu de la Lega Nord Francesco Speroni (non inscrit) a lancé: oui aux idéaux « nobles », mais est-ce que les électeurs sont convaincus de la nécessité de la Constitution européenne, qui est « désormais morte ? ». Gabriele Zimmer (GUE/NGL, allemande) et le vert autrichien Johannes Voggenhuber, sur un ton beaucoup plus européen, se sont interrogés eux aussi sur les vraies inquiétudes des citoyens, alors que Brian Crowley, coprésident du groupe UEN et membre du parti du Taoiseach, le Fianna Fail, a relevé le rôle pacificateur de l'Europe, qu'il s'agisse d'Irlande du Nord ou des Balkans. A propos de la Constitution européenne, qui apparemment était le principal souci de la plupart des députés intervenus, Graham Watson, président du groupe ALDE, s'est interrogé sur l'utilité d'une « coalition de plus petits pays » conscients de l'importance de préserver le Traité. Le Traité constitutionnel a été défendu aussi, au groupe ALDE, par Andrew Duff, et, au groupe socialiste, par le président de la commission constitutionnelle, Jo Leinen, et par Richard Corbett qui s'est félicité du message lancé en faveur de la Constitution par le Premier ministre d'un pays qui n'a pas encore ratifié le texte. (mg)

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