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Bulletin Quotidien Europe N° 9273
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/pse/europe sociale

Une feuille de route pour une nouvelle Europe sociale sera présentée au Congrès du PSE à Porto, annonce Poul Nyrup Rasmussen

Bruxelles, 26/09/2006 (Agence Europe) - « Le besoin de repenser l'Europe sociale et de réfléchir au vieillissement de la population (…) se fait de plus en plus sentir. Seule l'Europe possède la masse critique pour gérer ces deux défis. Mais quel chemin emprunter pour une nouvelle Europe sociale ? » C'est en ces termes que le député européen Pierre Moscovici (socialiste français) s'est exprimé lors de la conférence sur « La nouvelle Europe sociale », le 21 septembre à Paris. Cette conférence fait suite au lancement en janvier dernier, par des intellectuels et des décideurs politiques de la Gauche réformiste européenne, d'une initiative visant à relancer l'Europe des citoyens, initiative qui avait été remise au Président du Parti des Socialistes européens (PSE), le député européen Poul Nyrup Rasmussen (voir EUROPE n°9110). Le rapport final sera rédigé par l'ancien Président de la Commission européenne Jacques Delors (qui avait lancé fin 2005 des pistes de réflexion sur la nouvelle Europe sociale: voir EUROPE n° 9081/9078) et Poul Nyrup Rasmussen, et sera présenté au Congrès du PSE des 7 et 8 décembre à Porto. Une liste de dix principes, qui constituera une véritable feuille de route pour la nouvelle Europe sociale, sera votée à Porto, a indiqué M. Rasmussen.

Pierre Moscovici: droits sociaux et éducation

Le chemin à emprunter pour mettre sur pied une nouvelle Europe sociale consiste notamment, selon Pierre Moscovici, à: (1) avoir des « jobs, jobs, jobs, more and better jobs » ; (2) assurer la sécurité de l'emploi, « qui est la plus haute priorité des citoyens » ; (3) veiller à la solidarité, avec les instruments indispensables que sont les fonds de cohésion et les fonds structurels mais aussi « un budget européen qui soit repensé ». Ceci signifie, selon lui, qu'il faut réformer les marchés, le budget et les institutions; mettre l'accent sur les droits sociaux ; investir massivement dans l'éducation.

Poul Nyrup Rasmussen: redynamiser l'UEM et le marché de l'emploi

D'entrée de jeu, Poul Nyrup Rasmussen a demandé: pourquoi les sociaux-démocrates viennent-ils de perdre les élections ? et pourquoi c'est la crise en Hongrie ? « parce que la droite a compris qu'elle ne pourrait pas gagner les élections sans reprendre des parties de notre discours ! ». En outre, M. Rasmussen relève l'importance du problème de l'immigration, en faisant valoir: « Nous devons insister sur les droits et les devoirs des immigrés ». « Qu'est-ce que l'Europe sociale ? » a demandé une fois de plus M. Rasmussen. « Nous avons cinq modèles d'Europe sociale: les modèles britannique, nordique, des dix nouveaux Etats membres, d'Europe continentale du Nord et du Sud », a-t-il répété, en insistant: « Il faut redynamiser l'UEM et le marché de l'emploi pour les utiliser comme tremplin de progrès ». Mais comment financer tout cela ? avec un meilleur budget européen, a averti l'ancien premier ministre danois.

Jacques Delors: renforcer la cohérence du PSE - « L'UEM est une grande déception pour moi »

Notre travail a deux objectifs - proposer des actions et les moyens de ces actions au niveau européen, et renforcer la cohérence du PSE, a déclaré pour sa part Jacques Delors, en posant quatre questions: « (1) la construction européenne se fait autour de l'intégration économique avec une stratégie de l'environnement comme pièce centrale. Quels sont les risques ? les potentialités ?; (2) l'Acte unique s'érode-t-il sous la poussée des événements et des majorités au pouvoir ?; (3) êtes-vous satisfait de cette notion de compétence partagée ? est-elle opérationnelle pour nous ? répond-elle aux citoyens qui se demandent qui fait quoi, leur gouvernement ou l'UE ?; (4) êtes-vous d'accord pour réactiver l'UEM dont l'esprit initial a été modifié ? ou faut-il rejeter a priori tout ce qui est coopération renforcée ? ». Et d'expliquer: (1) il ne faut pas présenter les mutations présentes uniquement comme des risques mais aussi comme des opportunités, « il faut l'optimisme de la volonté » ; « un grand effort de générosité doit être fait vis-à-vis des nouveaux Etats membres »; (2) la compétence partagée « est un obstacle à la transparence (…). Je préfèrerais que l'on parle de compétence européenne et de compétence nationale;
(3) « l'UEM est une grande déception pour moi. Il n'y a pas d'équilibre entre le pôle économique et le pôle monétaire ». « Si la Commission ne veut rien proposer, les ministres ne le feront pas ! La Commission a l'initiative mais ne l'a jamais prise dans ces domaines ! », s'est exclamé M. Delors, pour qui « Il faut re-personnaliser le Conseil et la Commission doit prendre ses responsabilités ».

François Hollande: pour une Europe capable de maîtriser les flux d'immigration et
de remettre l'emploi et le social en tête des priorités

« L'Europe a besoin d'un changement de politique en 2007 », a souligné le Premier Secrétaire du PS François Hollande. Il faut qu'il y ait « convergence entre les partis socialistes: PSE, sociaux-démocrates, forces syndicales doivent se mettre d'accord sur un certain nombre d'obligations », et il faut réfléchir à une nouvelle politique sociale de l'Europe. Pour M. Hollande, « les élections françaises de 2007 doivent porter sur l'Europe, mais aussi sur les questions sociales, d'emploi et d'environnement ». Et, « chaque candidat devra dire comment il compte partir de l'Europe des progrès, de l'Europe sociale puis continuer sur l'Europe de l'emploi, de la croissance, de la politique économique et fiscale, et redonner à l'Europe le souffle qui lui manque ». « La gauche française doit affirmer clairement son engagement européen: nous voulons une Europe de la paix, capable de maîtriser les flux d'immigration, de remettre l'emploi et le social en tête des priorités », a conclu François Hollande.

Immigration, politique de l'égalité réelle, définition de l'Europe sociale au coeur des débats

Présentant le premier thème, « Un marché du travail actif et dynamique », le rapporteur Angelica Schwall-Düren (SPD) a insisté sur le fait que les politiques sociales et de l'emploi sont « des politiques des ressources humaines ». Pervenche Bérès, parlementaire européenne, a insisté sur l'importance de la question fiscale. Adrian Severin (PSD, Roumanie) a estimé que « l'émigration doit être présentée comme une opportunité, pas comme un danger », et Alejandro Cercas, rapporteur du PE sur le temps de travail, a enchaîné: « l'émigration va nous permettre de gagner la partie. Il faut sécuriser nos classes populaires en prévenant l'immigration illégale ».

Au cours de la discussion sur le deuxième thème « Investir dans la politique et la protection sociales: moteur d'une société inclusive », présenté par le travailliste britannique James Purnell, Naïma Charaï (PS, France) a plaidé pour « une politique de l'égalité réelle », estimant qu'il faut « faire un bilan de l'égalité de traitement en entreprise et créer un label de bonnes pratiques pour les entreprises citoyennes ». Pour Matilde Valentin (PSOE, Espagne), « l'investissement social est l'investissement le plus rentable que l'on puisse défendre ». Et de conclure: « Lors du Congrès de Porto, les socialistes doivent faire un pas en avant pour les politiques de l'égalité, en parler pour que cette égalité soit réelle, pour que les femmes puissent être bien représentées partout, surtout là où on prend les décisions ».

« Quelle Europe voulons-nous ? Quelle Europe sociale » ? a demandé l'ancienne Commissaire européenne Anna Dimantopoulou (PASOK, Grèce) en introduisant le 3ème thème, « La dimension européenne de la nouvelle Europe sociale ». « Le but de l'exercice est d'arriver à Porto avec une déclaration sur l'Europe sociale et de rappeler certains principes. Il faut que ce soit une déclaration de foi sur le modèle social européen », a déclaré l'ancien Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) et membre actuel du Comité de l'Emploi Emilio Gabaglio. « Je voudrais qu'au Congrès de décembre on ait un cahier « Europe sociale » dont tout le monde se fasse garant. Je suis pour une Europe sociale, effective et efficace plutôt que pour une Europe nouvelle », a renchéri M. Gabaglio en rappelant que « si on parle social, il faut avant tout parler économie ». Anna Diamantopoulou a insisté sur la nécessité de « combiner revenu minimum - qui n'est pas un salaire minimum ! - avec des mesures d'encouragement actives » pour l'emploi et sur celle d' inviter les représentants des « PME à nos réunions, à côté des syndicats ».

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