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Bulletin Quotidien Europe N° 9273
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/jai/immigration

Appel à la mobilisation des dirigeants du sud de l'Europe

Bruxelles, 26/09/2006 (Agence Europe) - Pas moins de huit chefs d'Etat et de gouvernement de pays du Sud de l'Europe ont appelé à « une forte mobilisation » de l'Union européenne pour faire face à l'afflux d'immigrés clandestins, dans une lettre commune adressée le 25 septembre à la présidence finlandaise du Conseil de l'UE (voir aussi EUROPE n° 9272). « L'urgence du problème de l'immigration illégale en Méditerranée et au sud de l'Europe exige une forte mobilisation de l'Union européenne et un engagement conjoint de la part des pays d'origine, de transit et de destination des migrants », indiquent les signataires estimant que « ce défi excède les moyens d'action dont dispose chacun des Etats membres ». La lettre, adressée au président du Conseil européen Matti Vanhanen, est signée par Romano Prodi (Italie), José Luis Rodriguez Zapatero (Espagne), Costas Caramanlis (Grèce), José Socrates (Portugal), Jacques Chirac (France), Tassos Papadopoulos (Chypre), Lawrence Gonzi (Malte) et Janez Jans (Slovénie), qui soulignent: « La question doit être abordée à l'échelle européenne, notamment en termes d'aide financière et de déploiement de ressources- en appui des efforts déployés par les Etats les plus concernés». Les signataires demandent par ailleurs que cette question soit à l'ordre du jour du Sommet européen informel de Lahti le 20 octobre, qui, selon eux, « représente une excellente occasion de faire le point de la situation, en vue des décisions opérationnelles susceptibles d'être prises lors du Conseil européen de décembre ». Et d'ajouter qu'ils attendent les propositions concrètes annoncées par le président de la Commission européenne le 7 septembre dernier (EUROPE n°9260). La lettre rappelle que l'Approche globale des migrations adoptée par le Conseil européen en décembre 2005, avec ses actions prioritaires centrées sur l'Afrique et la Méditerranée, constitue le cadre de référence de la politique européenne dans ce domaine. Conscients de la nécessité d'une « volonté politique claire » pour mettre en œuvre les décisions communes et pour développer de nouvelles initiatives « indispensables » en raison des récents afflux de migrants aux frontières méridionales de l'Union européenne, les auteurs de la lettre jugent essentiel: « - d'assurer la mise en œuvre des engagements pris lors de la conférence de Rabat et d'envisager le lancement d'initiatives analogues sur d'autres routes migratoires (EUROPE n° 9230) ; - d'accélérer la préparation de la Conférence Union européenne-Afrique de Tripoli ; - d'encourager la conclusion rapide d'accords de réadmission et la bonne application des accords déjà passés, y compris l'article 13 de l'Accord de Cotonou ; - d'adapter l'aide financière de la Communauté aux pays tiers dans le domaine migratoire ; - de renforcer la coopération opérationnelle dans la gestion de la frontière maritime méridionale de l'UE ». Ainsi, selon eux, il importe de prendre dûment en compte les spécificités de cette frontière maritime, qu'il s'agisse notamment des fonctions de patrouille et de surveillance maritime, des obligations de sauvetage et d'accueil, et des tâches d'identification et de reconduite des immigrés clandestins. Au regard des récents événements, ce dernier objectif nous semble crucial. Il apparaît notamment indispensable d'améliorer l'organisation des opérations conjointes avec le renforcement des capacités opérationnelles, administratives et financières de l'Agence des frontières extérieures (FRONTEX) et d'obtenir une plus grande implication de l'ensemble des Etats membres. Chacun doit en effet apporter sa contribution à la lutte contre l'immigration clandestine qui concerne l'ensemble de l'Union et non les seuls pays gardiens de ses frontières extérieures ». Néanmoins, au cours des dernières semaines, plusieurs ministres européens en charge de l'immigration ont montré qu'ils ne souhaitaient pas voir leur pays apporter une aide à l'Espagne qui fait depuis plusieurs mois face à une crise majeure en termes d'immigration légale (EUROPE n°9270). Pour les huit dirigeants européens, « l'Union doit maintenant se doter des capacités et des ressources nécessaires à la mise en oeuvre de cette stratégie ambitieuse, qui repose sur le renforcement de la coopération opérationnelle entre les Etats membres et le partenariat avec les pays tiers d'origine et de transit ».

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