Strasbourg, 26/09/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé mardi d'approuver le programme de convergence de la Hongrie, tout en insistant sur sa mise en œuvre rigoureuse. Alors que la précédente version manquait de précision, les autorités hongroises ont transmis début septembre un nouveau programme, comme le leur avait demandé la Commission en janvier dernier (EUROPE n° 9107). Le nouveau programme de convergence prévoit de faire tomber le déficit excessif de 10,1% cette année à 3,2% en 2009, mais la mise en œuvre du plan d'ajustement sera essentielle, insiste la Commission dans son analyse. Alors que dans ses prévisions économiques de printemps, la Commission anticipait un déficit de 6,7%% du PIB pour l'année en cours, la situation s'est avérée plus difficile que prévu. Ce n'est néanmoins « pas une totale surprise », a reconnu le Commissaire aux affaires économiques et monétaires en présentant mercredi à la presse à Strasbourg le résultat de son évaluation.
Selon Joaquin Almunia, à ces 6,7% envisagés initialement sont venus s'ajouter - 1,5% du coût des réformes des retraites (leur comptabilisation devient obligatoire dès l'année prochaine) ; - 1,1% au titre de la classification des dépenses en matière d'autoroutes que le gouvernement hongrois n'avait pas indiqué à l'époque ; - 1,6% de mesures budgétaires diverses (comme une baisse des impôts ou la suppression de la dette des gouvernements locaux) ; - enfin, 0,7% de surplus de dépenses courantes. Cela porte le déficit à 11,6% en 2006, mais un paquet de mesures adopté en juin par le gouvernement hongrois doit le corriger de 1,5% dès cette année, lui permettant d'atteindre 10,1% du PIB. « Nous nous réjouissons que des mesures concrètes aient déjà été prises, mais il subsiste des risques et des défis importants », a déclaré Joaquin Almunia lors de sa conférence de presse, en précisant que la Commission continuera de suivre « attentivement la situation afin de garantir que les mesures annoncées sont pleinement mises en œuvre et que le gouvernement applique résolument son programme de réformes structurelles et de maîtrise des dépenses ».
Le scénario macro-économique présenté par les autorités hongroises est plausible, mais « des risques substantiels » subsistent, compte tenu de l'ampleur des ajustements prévus, a expliqué M. Almunia. L'essentiel de la correction (plus de 6 points de pourcentage) doit être réalisé en 2007 et 2008, souligne la Commission, qui, prenant acte du programme actualisé, s'attend à un ratio du déficit par rapport au PIB de 6,8% l'année prochaine. Quant au niveau de la dette, il continuera d'augmenter pour atteindre 72,3 % en 2008 et ne baisser qu'en 2009.
Face à cette dérive qui menace la stabilité à long terme des finances publiques hongroises, la Commission propose désormais au Conseil de recommander à la Hongrie de corriger son déficit d'ici la fin 2009 au plus tard, au lieu de fin 2008 comme dans sa recommandation de juillet 2004. Une attention particulière devrait être accordée à la réduction de la dette, de préférence avant 2009, ainsi qu'à l'amélioration du contrôle institutionnel de la procédure budgétaire, a aussi souligné M. Almunia. En 2005, la Commission et le Conseil avaient déjà souligné à deux reprises l'absence de mesures concrètes de Budapest, dont le déficit excessif ne cessait de s'aggraver. Alors que la procédure pour déficit excessif contre la Hongrie ne permet pas de passer à l'étape des sanctions du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), le Commissaire Almunia avait déjà rappelé par le passé la possibilité de suspendre les versements au titre du fonds de cohésion. Soulignant mardi qu'il s'agissait d'une procédure distincte de celle pour déficit excessif, M. Almunia a toutefois indiqué à EUROPE: « C'est vrai que, si dans six mois, le nouveau jugement sur la façon dont les autorités hongroises auront appliqué le programme de convergence actualisé est négatif, cette question va être évoquée » (voir dans EUROPE n° 9272, les propos du Premier ministre hongrois au sujet des finances publiques dans son pays).