Strasbourg, 11/09/2006 (Agence Europe) - Le PE a adopté jeudi une résolution condamnant « le régime dictatorial de Mugabe qui opprime sans pitié le peuple zimbabwéen » et exprimant sa « profonde déception devant le refus d'acteurs régionaux » tels que l'Union africaine et l'Afrique du Sud « d'adopter une attitude plus ferme devant les abus commis ». Ils constatent que « le Zimbabwe subit actuellement l'une des épidémies de VIH-sida les plus graves au monde (plus de 3200 personnes y meurent chaque semaine). Le PE refuse de reconnaître la légitimité du nouveau Sénat zimbabwéen. Il souhaite en outre « le retrait des projets de lois sur l'interception des communications (…) et sur les organisations non gouvernementales qui justifieront une répression encore plus dure » de l'opposition. Il demande au Conseil de « veiller à ce que tous les États membres appliquent scrupuleusement les mesures restrictives décidées, y compris l'embargo sur les armes » et invite l'Afrique du Sud, pays organisateur, et la FIFA à « exclure le Zimbabwe de toute participation aux matchs éliminatoires de la Coupe du monde » de football 2010.
Lors du débat, Geoffrey Van Orden (PPE/DE, britannique) a déploré la réaction « extrêmement tiède de la communauté internationale » et le soutien chinois au régime de Mugabe. Karin Scheele (PSE, autrichienne) a souhaité que des observateurs se rendent sur place. Pour Marcin Libicki (UEN, polonais), le Zimbabwe est « un exemple de la manière dont le processus de décolonisation peut mal tourner lorsque le pouvoir est remis aux mains d'un pouvoir irresponsable ». Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE, espagnol) a dénoncé les projets de loi qui, sur le modèle de ce qui existe en Chine, permettraient aux services de sécurité zimbabwéens d'intercepter les correspondances électroniques, accès à Internet et les conversations téléphoniques. Le PE doit se concentrer sur l'activité des syndicats qui méritent notre soutien, a souligné Józef Pinior (PSE, polonais). Jaromi Kohlièek (GUE/NGL, tchèque) a protesté contre l'idée d'exclure le Zimbabwe des éliminatoires de la prochaine Coupe du monde.
Le Commissaire Franco Frattini s'est dit de plus en plus préoccupé par la situation au Zimbabwe et a jugé qu'un allègement des mesures prises par l'UE était « absolument hors de question ». Quant à l'exclusion de la Coupe du monde 2010, il a indiqué que la décision appartient à la FIFA, même si « personnellement », il trouve que c'est une idée « à prendre au sérieux ». Enfin, il a assuré que la Commission continuera à mener « un dialogue intense » avec les pays voisins du Zimbabwe.