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Bulletin Quotidien Europe N° 9261
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Réélu à la tête de l'Eurogroupe, M. Juncker pense que le dialogue avec la BCE peut gagner en intensité - Optimisme raisonnable pour la croissance - Pas d'inquiétude pour le déficit allemand et attente pour l'Italie

Helsinki, 08/09/2006 (Agence Europe) - L'Eurogroupe a décidé à l'unanimité vendredi de reconduire dans ses fonctions son actuel Président, le ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois. Ce nouveau mandat de deux ans qui débutera l'année prochaine sera l'occasion pour Jean-Claude Juncker de faire progresser la gouvernance budgétaire de la zone. Il a dit l'espérer à l'issue de la réunion informelle d'Helsinki. Souhaitant « améliorer les procédures qui sont les nôtres », M. Juncker propose ainsi d'organiser chaque été un dialogue prospectif entre les ministres sur l'établissement des budgets des Etats membres.

Immédiatement interrogé par la presse sur la possibilité d'améliorer aussi le dialogue entre l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne (BCE), M. Juncker a précisé qu'il ne s'agissait pas là d'une « condition suspensive » au renouvellement de son mandat et que ses appels répétés en ce sens visaient les deux institutions. « Nous avons décidé que le dialogue entre l'Eurogroupe et la BCE devait être poursuivi et intensifié », a-t-il déclaré vendredi, espérant que « si chacun fait un effort », le dialogue « pourra gagner en intensité ». Tout en gardant la BCE « sur mon radar », je reconnais que nous devons aussi, entre nous ministres des Finances, avoir des discussions plus approfondies, a ainsi pris soin d'ajouter M. Juncker. Dans un souci de cohérence vers l'extérieur, cela nécessite « que les ministres de la zone euro me laissent communiquer sur les travaux de l'Eurogroupe », des travaux qui imposent « une certaine retenue que je voudrais voir partagée par les autres ministres de l'Eurogroupe ». Une mise au point qui vise certes à rappeler à ses homologues l'étendue de sa tâche, mais ne remet pas forcément en cause ses propres attentes vis-à-vis de l'institution de Francfort, à laquelle il avait adressé une lettre demandant des réunions plus étroites entre M. Trichet, le Commissaire Almunia et lui-même notamment. « Il est important que nous puissions poursuivre ce dialogue de façon à se comprendre mutuellement », s'est contenté de dire Jean-Claude Trichet, se retranchant derrière l'indépendance de la BCE, qui est garantie par le Traité, et interdit à la BCE de recevoir des instructions, a-t-il analysé. « Nous sommes prêts à user pleinement de tout ce qui existe dans le traité et aussi informellement, à l'Eurogroupe », a insisté M. Trichet, qui n'a « aucun problème à discuter avec le Commissaire Almunia et le Président Juncker ».

Du côté de la croissance, le moral est au beau fixe. Le moment semble « excellent » en Europe et dans la zone euro en particulier, avait jugé avant la réunion le ministre finlandais des Finances et vice-président de l'Eurogroupe, Eero Heinäluoma au sujet des nouvelles prévisions de croissance pour 2006 publiées mercredi par la Commission (EUROPE n° 9259). Nous en « partageons les fondements », a souligné devant la presse M. Juncker, satisfait de voir la croissance suivre le profil de son potentiel et de la possibilité d'atteindre 2,5% en 2006. « L'économie européenne a de meilleures perspectives devant elle », a-t-il estimé, sans envisager plus précisément les perspectives pour 2007, sur lesquelles pèsent encore certains risques. « S'il n'y a pas de changements majeurs dans l'économie mondiale, je pense que l'année prochaine sera aussi assez positive pour la zone euro », avait jugé auparavant M. Heinäluoma, prudent. Même s'il a reconnu que « cet élan de l'économie européenne transmettra des éléments de croissance à 2007 », Joaquin Almunia a souhaité ne pas prendre d'avance sur les prévisions d'automne qu'il présentera le 6 novembre. Comme lui, le Président de l'Eurogroupe a ensuite rappelé, que les recettes budgétaires supplémentaires devaient être « réaffectées de manière absolue à la réduction du déficit » et de l'endettement. Un principe valable pour tous les pays, a renchéri M. Trichet. Alors que les procédures pour déficit excessif contre l'Allemagne et l'Italie doivent être évoquées à vingt-cinq ce samedi, les ministres de la zone euro se sont montrés satisfaits des efforts des deux pays.

Le cas allemand n'inspire guère d'inquiétude dans la mesure où Berlin s'apprête à notifier un déficit de 2,8% du PIB en 2006 (et 2,5% en 2007), anticipant d'un an le retour sous les 3% préconisé par le Conseil. Si la situation ne cesse de s'améliorer en Allemagne, « il est utile de ne pas perdre de vue que la consolidation doit être poursuivie au-delà de 2007 », a souligné M. Juncker, pour qui un déficit de 3% du PIB n'est « pas un objectif, mais un plafond ». A ce stade, « je ne vois aucune raison d'intensifier ou de poursuivre la procédure contre l'Allemagne », a-t-il dit à quelques journalistes. Pour l'Italie, « nous avons noté avec satisfaction que les engagements annoncés par le gouvernement italien seront tenus », mais la situation ne sera évaluée qu'après l'annonce du budget italien pour 2007 et les prévisions économiques d'automne de la Commission. D'après le ministre italien des Finances, il y a des ressources supplémentaires du Trésor montrant les premiers signes d'un redressement structurel du pays, a précisé M. Juncker, qui ne se considère toutefois pas en état de juger aujourd'hui de la situation. Rome pourrait devoir renforcer ses mesures si les efforts à caractère structurel pour cette année n'étaient pas à la hauteur de la correction attendue, a souligné M. Almunia, qui demande aussi à Rome d'agir pour réduire la dette « le plus tôt possible ».

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