Bruxelles, 05/09/2006 (Agence Europe) - Alors que les membres de la commission politique du Parlement européen votaient plus de 340 amendements au rapport Eurlings sur les relations UE/Turquie (voir autre nouvelle), Les Amis de l'Europe d'Etienne Davignon publient, avec Chatham House et The European Institute of the London School of Economics, un rapport de Kirsty Hughes intitulé Turkey and the EU- Quatre scenarios: du crash ferroviaire à « en avant à toute vapeur ». L'auteur a développé ces quatre scénarios à partir d'une cinquantaine d'entretiens réalisés en juillet et août derniers à Bruxelles, Londres, Paris, Nicosie (et dans d'autres capitales de l'UE), ainsi qu'à Ankara et à Istanbul. Elle relève une série de difficultés qui font anticiper un « automne chaud » pour les relations UE/Turquie, indique un communiqué, qui cite: le problème de Chypre (voir dans EUROPE N.9255 les récentes déclarations du Commissaire Olli Rehn), la diminution du soutien public à l'Union européenne en Turquie (« la magie de l'UE s'évapore », et en vue des élections de 2007, les partis d'opposition sont en train d'adopter une position « anti-UE »), le malaise dans l'opinion publique des pays de l'UE. En même temps, sur le plan géopolitique, la Turquie pourrait être un partenaire stratégique pour l'Union européenne et jouer au Moyen-Orient un rôle de pont entre l'Europe et l'Islam, note le rapport. Dans ces conditions, Kirsty Hughes (qui est l'auteur de Turkey and the European Union: Just Another Enlargement) décrit quatre possibles scénarios en utilisant des images empruntées aux chemins de fer: (1) en avant à toute vapeur ; (2) déraillement mineur ; (3) sur une voie de garage ; (4) crash ferroviaire majeur (Infos: http://www.friendsofeurope.org ).
Dans un entretien au Figaro du 5 septembre, Mme Hughes, à la question de savoir si l'engagement de la Turquie au Liban aura un impact sur les négociations UE/Turquie, répond: « Sans aucun doute. Cet engagement rappelle à l'Europe que la Turquie est un allié utile. Cela démontre, à ceux qui en doutent, l'intérêt d'avoir un grand pays musulman au sein de l'Union européenne. (…) L'envoi probable d'un millier de soldats turcs au Liban, pour participer à la Finul 2, en est la preuve. En prenant cette décision, malgré l'opposition de la rue, le gouvernement turc a certainement en tête la volonté d'améliorer le climat des négociations avec l'Union, déplorable depuis six mois ». Selon Mme Hughes, l'affaire libanaise « va contribuer à détendre l'atmosphère de part et d'autre. Elle rappellera aux dirigeants européens que Chypre n'est qu'à six kilomètres des côtes libanaises et les encouragera, peut-être, à faire un effort pour résoudre ce problème ».