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Bulletin Quotidien Europe N° 9258
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/presidence finlandaise

Au Liban, l'UE prouve qu'elle est « un acteur fort », estime Tarja Halonen, qui plaide pour l'implication des femmes dans le processus de paix au Proche-Orient - Oui à la Turquie, mais dans ce mariage, elle doit accepter toute la famille

Strasbourg, 05/09/2006 (Agence Europe) -« Une Union européenne soudée est un acteur fort », comme le prouve son action au Liban, où cette « action résolue a renforcé la confiance en elle en sa qualité de facilitateur de la paix dans la région », a affirmé la Présidente de la République finlandaise Tarja Halonen le 5 septembre devant la plénière du Parlement européen. La décision prise sur le renforcement de la Finul lors de la réunion extraordinaire du 25 août a été « un tournant », a-t-elle estimé. Lors de sa conférence de presse commune avec le Président Borrell, Mme Halonen a ajouté: « Je suis optimiste par nature, mais réaliste par expérience. Mais je ne vois aucune possibilité que l'avenir soit meilleur si nous ne faisons rien ». Une paix durable au Proche-Orient implique une solution au conflit entre Israël et les Palestiniens, et l'UE doit prendre l'initiative au Proche-Orient, car « c'est notre voisinage », a prévenu Mme Halonen, qui insiste: il faut aussi instaurer la confiance au niveau de la société civile, et je pense que « si les femmes sont associées au processus de paix, les possibilités d'une solution durable augmenteront ». « Nous mettrons en avant ce thème la semaine prochaine à l'Assemblée générale de l'ONU », annonce Mme Halonen, qui a déjà coopéré avec le Fonds de développement de l'ONU pour la femme (UNIFEM) qui soutient le dialogue entre Israéliennes et Palestiniennes.

Quant à l'élargissement, Mme Halonen souligne que l'UE doit rester ouverte à tous les pays qui respectent les critères d'adhésion et qu'elle doit avoir la capacité d'accueillir les nouveaux membres, tout en avertissant: « Nous avons des valeurs communes, mais nous ne sommes pas à la recherche d'une culture unique. La pluralité des cultures constitue au contraire une richesse et un atout de l'Europe ». Interrogée par la presse au sujet de la Turquie (voir autre nouvelle), Mme Halonen a fait valoir: « La Turquie est depuis longtemps membre du Conseil de l'Europe, de l'OTAN, de l'OSCE ; nous connaissons la Turquie, ils nous connaissent (…), leur route vers les réformes a été très chancelante » mais « je pense qu'en Turquie il y aura des gens sages qui ne voudront pas jeter tout le travail déjà fait ». Avec une évidente allusion à Chypre: « La Turquie doit savoir que l'UE est une famille entière, et dans ce mariage, elle doit prendre toute la famille, pas seulement la mariée ». « Je connais très bien Olli Rehn, il est très dur, mais aussi très juste », a-t-elle remarqué par ailleurs devant la presse au sujet du Commissaire à l'élargissement.

Mme Halonen a tenu à souligner dans son discours les progrès de l'UE dans la gestion et la prévention des conflits, en citant la République populaire du Congo et le Darfour, et en rappelant qu'elle-même, lorsqu'elle était ministre des Affaires étrangères, avait lancé avec sa collègue suédoise Lena Hjelm-Wallén une initiative pour développer la capacité de gestion de crises de l'UE : nous n'étions pas très optimistes, mais l'initiative a finalement été entérinée par le Traité d'Amsterdam, a-t-elle dit. Dans un discours mettant l'accent sur le multilatéralisme et le développement durable, la présidente a évoqué l'importance de la politique de développement de l'UE (qui « peut être vue comme une partie de sa politique de sécurité ») et a rappelé le lien entre le développement et le commerce (qui « n'est pas toujours, ni automatiquement, positif »), en indiquant qu'une réunion commune des ministres du Commerce et du Développement de l'UE, en octobre, essaiera de « parvenir à un engagement fort de l'UE sur les recommandations de l'OMC sur l'aide au commerce ». Mme Halonen a aussi insisté sur la politique de l'UE en matière de droits de l'Homme, en notant que les Nations unies et le Conseil de l'Europe sont là des partenaires très importants. Le récent rapport de Jean-Claude Juncker énonce « d'excellentes propositions pour resserrer la coopération » avec le Conseil de l'Europe, a-t-elle estimé, tout en anticipant: « leur mise en œuvre exigera un travail titanesque ».

Quant à la Russie, Mme Halonen a remarqué que les dirigeants russes « ont dit et répété que leur choix européen était irréversible ». Dans notre dialogue énergétique avec Moscou, qui doit « reposer sur la confiance », « nous devons chercher à identifier des intérêts communs », et « il est parfaitement possible de parvenir dans ce domaine à une interdépendance positive », a-t-elle assuré.

Le Président Borrell avait accueilli Mme Halonen en notant que un siècle après que les femmes aient obtenu le droit de vote en Finlande, ce pays est le premier de l'Union européenne à avoir une femme comme chef d'Etat. M.Borrell a aussi tenu à rendre hommage au Président du Conseil Erkki Tuomioja, à son « franc-parler » et à son courage qui ont permis de donner à l'UE « une impulsion volontariste » dans le conflit libanais. Vous avez aussi été les premiers à poser le problème de la politique européenne de l'immigration, au sommet de Tampere lors de votre précédente présidence en 1991, a-t-il rappelé.

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