Bruxelles, 04/07/2006 (Agence Europe) - La perspective d'une participation du parti d'extrême-droite SNS à la future coalition gouvernementale slovaque après les récentes élections générales inquiète les députés européens, à droite comme à gauche. Le social-démocrate danois Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti des Socialistes Européens (PSE), avait écrit le 29 juin au social-démocrate Robert Fico qui va diriger le nouveau gouvernement slovaque, pour lui demander de reconsidérer son projet de coalition. Cette semaine, Poul Nyrup Rasmussen et Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, ont écrit une lettre commune à Robert Fico, affirmant: « Nous considérons la position d'au moins un de vos partenaires de coalition incompatible avec les valeurs sociales démocrates clés (…). Dans une lettre que vous avez reçue la semaine dernière du président du PSE, il était clairement dit que vous risquiez d'être dénoncés (…) par vos partenaires sociaux-démocrates au Parlement européen. Nous sommes atterrés par votre apparente indifférence face à ces préoccupations (…). Nous voudrions vous informer que la coalition avec le SNS et le HZDS fera l'objet d'une discussion lors de la prochaine réunion de la Présidence du PSE et du Bureau du groupe socialiste. A la lumière de ces considérations, le PSE et le groupe envisageront toutes les mesures appropriées ». Quant au socialiste belge Marc Tarabella, il a déclaré le 3 juillet: « Si je me suis réjoui de la victoire du SD-SMER, je ne peux qu'exprimer mon inquiétude et ma désapprobation face à cette association avec un parti d'extrême droite, le SNS, pour former une majorité. (…) En effet, ce n'est pas qu'un problème interne à la Slovaquie: la présence de ministres d'extrême droite, pouvant influer sur les décisions du Conseil, doit interpeller tous les démocrates européens »
Wilfried Martens et Hans-Gert Pöttering, présidents du Parti Populaire Européen (PPE) et du groupe PPE-DE au Parlement européen, ont exprimé eux aussi leur profond malaise, après l'annonce de l'intention du SMER de former un gouvernement de coalition avec le SNS (ainsi qu'avec le HZDS de l'ancien Premier ministre Meciar). M. Martens s'indigne dans un communiqué: « Je suis effaré qu'un parti comme le SNP, avec ses vues xénophobes et son hostilité à l'égard des minorités ethniques, puisse être un partenaire de cette coalition ». « Je suis étonné que le parti xénophobe le plus extrême devienne membre du nouveau gouvernement. Ce développement n'est nullement justifié par l'absence de partenaires appropriés au sein du parlement slovaque », renchérit M. Pöttering, qui estime qu'une telle coalition « va certainement mettre en péril les substantiels progrès politiques, économiques et sociaux obtenus sous le leadership de Mikulas Dzurinda » (l'ancien premier ministre modéré que le PPE aurait préféré voir maintenu au pouvoir: NDLR).