Bruxelles, 04/04/2006 (Agence Europe) - Invité par le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, le Commissaire européen au Développement Louis Michel participera à New York aux travaux d'un panel de haut niveau auquel il présentera ses idées de réforme des Nations Unies axées sur une « défragmentation structurelle », une plus grande « responsabilité politique » et une « justice Nord-Sud » dans les domaines du développement, de l'aide humanitaire et de l'environnement. Ce panel, réuni du 5 au 7 avril, est composé de quinze représentants de haut niveau dont le Président du Chili Ricardo Lagos Escobar, les Premiers ministres du Pakistan Shaukat Aziz, du Mozambique Luísa Dias Diego, de la Norvège Jens Stoltenberg, et le ministre britannique de l'Economie et des Finances Gordon Brown. « Nous nous réunissons pour explorer comment le système des Nations Unies pourrait fonctionner de façon plus cohérente et plus efficace au niveau global », a indiqué lundi Louis Michel à quelques journalistes. « Ce qui est vraiment en jeu », a-t-il expliqué, « c'est la légitimité de l'ONU en tant qu'instrument de gouvernance globale». Afin de renforcer cette légitimité, qu'il considère comme « fortement affaiblie », le Commissaire envisage de proposer trois types de mesures. Il souhaite d'abord « corriger la fragmentation actuelle » de l'organisation et propose à cette fin « d'élaguer les agences inutiles » de l'ONU. Louis Michel précise même qu'en cas de nécessité, « des réductions d'effectifs » pourraient s'opérer. A titre d'exemple, il cite le programme de l'ONU pour le développement (PNUD) qui, selon lui, « devrait devenir un supra département du développement » regroupant en son sein l'ensemble des structures traitant dans ce domaine. Le Commissaire propose aussi de responsabiliser politiquement les personnages clefs de l'institution et propose de créer plusieurs postes de secrétaires généraux adjoints pour accroître la visibilité de l'organisation. « L'idée est de renforcer le rôle du Secrétaire général des Nations Unies en en faisant une autorité politique du monde, gardien et promoteur de la gouvernance mondiale (…) et d'avoir à côté de lui six ou sept secrétaires généraux adjoints responsables de chaque secteur », estime Louis Michel. En outre, selon lui, l'ONU doit non seulement être « plus représentative des réalités du monde » mais aussi œuvrer pour plus de « justice Nord-Sud ». Pour Louis Michel, étant donné que « le monde est composé de dix grandes régions » n'ayant jamais l'occasion d'être assises à la même table, « un représentant permanent » de chacune d'elles devrait siéger au sein de l'organisation. Selon lui, des représentants de l'OMC, voire de l'OIT, pourraient être intégrés à ce groupe. La Commission européenne pourrait dès lors faire évoluer son statut d'observateur, qu'elle détient depuis 1974, vers un statut plus enviable, sous-entend M. Michel lorsqu'il parle de la place assise de la Commission à l'Assemblée générale de l'ONU, « tout au fond de l'hémicycle ». Selon M. Michel, les propositions du panel devront être « réalisables » et « placer les Etats membres des Nations unies devant leurs responsabilités ».
Le groupe, qui se réunira à nouveau en juin, juillet et août, s'est fixé comme objectif de produire avant la fin de l'été une étude qui sera présentée lors de la session de l'Assemblée générale en septembre prochain.