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Bulletin Quotidien Europe N° 9131
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Après un quatrième trimestre 2005 peu satisfaisant, un optimisme prudent demeure pour 2006 - l'Eurogroupe choisit Jürgen Starck

Bruxelles, 14/02/2006 (Agence Europe) - Malgré des résultats décevants au quatrième trimestre 2005, les perspectives de croissance de la zone euro en 2006 restent plutôt satisfaisantes, ont martelé mardi devant la presse Jean-Claude Juncker et Joaquin Almunia. La fin d'année 2005 restera « en deçà de ce que furent les prévisions et les attentes, mais cela n'enlève rien au fait que la reprise de la croissance se confirme et se raffermit », a déclaré le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois après la réunion, lundi soir, de l'Eurogroupe qu'il préside. Le débat sur la situation économique de la zone euro a été « utile », a-t-il estimé, constatant que la situation de l'emploi s'améliore : « malgré nos efforts, nous ne parvenons pas à distinguer d'effets de second tour », a-t-il ironisé. Une appréciation qui vaut aussi pour la modération salariale, qui prévaut toujours, comme les ministres ont tenu à le rappeler au Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, lors d'un « long échange de vues », a précisé M. Juncker. Et de concéder: « Nous avons estimé que la BCE, sans doute, prendra une décision de politique monétaire responsable, en ligne probablement avec les attentes du marché, et qu'elle aura à l'esprit les répercussions éventuelles pour la croissance ». Confessant malicieusement qu'il faisait un « stage pour devenir ministre des Affaires étrangères », M. Juncker a répondu aussi aux sollicitations de la presse sur la possibilité d'une nouvelle augmentation des taux d'intérêt dans la zone euro: « Si la BCE prend une décision responsable, et je suis convaincu qu'elle en prendra une, elle n'aura pas d'impact (négatif) sur la croissance en Europe ». Pour le Commissaire aux affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, les prévisions d'automne de la Commission « étaient correctes » (croissance de 1,3% en 2005 et 1,9% en 2006) et « peuvent se maintenir » (EUROPE n° 9070). Avant de publier, pour la première fois, des prévisions intermédiaires actualisées, M. Almunia a jugé que certains indicateurs d'activité réelle qui lui parviennent sur la fin 2005 et le début 2006 sont « parfois positifs », mais ne sont tout de même « pas tellement rassurants ». Ce sont surtout les enquêtes d'opinion qui donnent du baume au cœur des ministres des Finances des Douze, a noté le Commissaire, constatant que ces résultats « très positifs » marquaient « un redressement de la confiance à un niveau inconnu depuis cinq ans ». Et M. Juncker de renchérir: « nous ne sommes pas très satisfaits pour le quatrième trimestre 2005, mais nous n'avons pas décelé d'éléments qui pourraient dire qu'il y a une décélération en 2006 ». Malgré les risques (prix du pétrole, déséquilibres mondiaux), on peut donc conserver un « optimisme prudent », a conclu M. Almunia.

Examinant les programmes de stabilité des trois pays de la zone euro, les ministres ont pris note des remarques de la Commission (EUROPE n° 9122). La Belgique a « un plan qui ne manque pas d'allure », avec un objectif à moyen terme plus ambitieux que les critères du Pacte de stabilité et de croissance et une dette qui se réduit, a apprécié M. Juncker. Si le cas autrichien n'appelle « pas d'objections particulières », le Luxembourg, « ex pays vertueux », a un « très réel besoin d'ajustements collectifs, ce à quoi le gouvernement luxembourgeois, me dit-on, est très attaché », a assuré le Premier ministre. La Commission examinera les programmes des derniers Etats membres le 22 février, sauf celui de l'Allemagne que le gouvernement devrait adopter le même jour. Elle prendra ensuite deux décisions concernant l'Allemagne: la première, et « probablement la plus rapide », concernera les suites de la procédure, a rappelé M. Almunia, qui n'a cependant pas précisé s'il compte proposer de recourir aux articles 104§8 et 9, et quel délai serait octroyé à Berlin pour ramener son déficit budgétaire sous les 3%.

Passant en revue les conclusions du rapport de la Commission sur l'impact du vieillissement de la population sur les finances publiques et la croissance, M. Juncker a largement souscrit au constat qui y est fait (EUROPE n° 9130). Soulignant que des efforts importants seront nécessaires, le président de l'Eurogroupe a observé que « les résultats à moyen et long terme ne manquent pas de s'améliorer » dans les pays de la zone euro qui ont introduit des réformes, notamment de leurs systèmes de retraites (Autriche, France et Allemagne).

Anticipant la décision qui devait être entérinée mardi à 25, le président de l'Eurogroupe a confirmé que les ministres de la zone euro avaient choisi de désigner « à l'unanimité » Jürgen Starck, le vice-président de la Bundesbank, pour remplacer Otmar Issing au Directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE). « C'est l'homme qu'il nous faut à ce poste », a déclaré Jean-Claude Juncker, qui rappelle l'activité déployée par M. Starck « dans nos cercles et nos milieux depuis de nombreuses années » (M. Starck a été aussi Secrétaire d'Etat aux Finances: NdlR). Y a-t-il donc des sièges permanents pour les grands Etats membres de la zone euro au sein de l'organe exécutif de la BCE ? A cette question, M. Juncker a répondu de manière négative. Mais le fait est que ce nouveau remaniement entraîne à nouveau le remplacement d'un des six membres du Directoire par un compatriote, après José Manuel Gonzalez-Paramo qui avait remplacé Eugenio Domingo en 2004, et Lorenzo Bini-Smaghi qui a succédé à Tommaso Padoa-Schioppa en 2005.

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