Bruxelles, 14/02/2006 (Agence Europe) - Le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale discute le 15 et le 16 février des mesures à prendre pour éviter la propagation du virus de la grippe aviaire dans l'UE, déjà présent en Grèce, en Italie et en Slovénie, et dans deux pays candidats à l'adhésion, Roumanie et Bulgarie (EUROPE n° 9130). Les experts vétérinaires des Etats membres étudieront les mesures communautaires à prendre si le virus découvert jusqu'ici dans l'UE uniquement sur des oiseaux sauvages, s'étendra à des élevages de volailles. Le projet de décision qu'ils examineront s'inspire des dispositions de la directive actuelle (de 1992) et de la nouvelle directive (qui doit être mise en œuvre au plus tard le 1er juillet 2007: EUROPE n°9111) sur les mesures de lutte contre l'influenza aviaire. Il prévoit l'abattage et la destruction de toutes les volailles et de tous les œufs dans l'exploitation où une volaille aurait été contaminée. Si des signes de la maladie apparaissaient dans des exploitations voisines, qui devront être étroitement surveillées par les vétérinaires, la destruction y serait également décidée. Ces mesures s'ajouteraient aux mesures de biosécurité déjà appliquées par la Grèce, l'Italie et la Slovénie (zones de protection et de surveillance, enfermement des volailles à l'intérieur de ces zones, etc.).
En outre, le Comité vétérinaire devrait se prononcer pour une décision imposant à tout Etat membre de prendre les mesures de précaution qui s'imposent en cas de grippe aviaire sur des oiseaux sauvages. L'objectif est de gagner du temps et d'éviter que la Commission ne doive adopter de telles décisions pour chacun des Etats membres, comme elle l'avait fait pour l'Italie, puis pour la Grèce et la Slovénie. En outre, les experts devraient évaluer une proposition visant à interdire l'importation de plumes non traitées en provenance de tous les pays tiers. La plupart des pays tiers touchés par le virus, comme le Nigéria (premier pays africain contaminé), n'exportent pas de volailles vers l'UE, mais uniquement des plumes, qui présentent en réel danger de transmission du virus.
La Commission attend toujours une confirmation de la présence du virus hautement pathogène (H5N1) sur des cygnes découverts morts en Slovénie et rappelle que les importations dans l'UE de volailles originaires de Roumanie (où un 30ème foyer de grippe aviaire a été mis au jour) sont suspendues depuis octobre 2005. Les experts de l'UE doivent aussi décider de régionaliser l'embargo européen imposé sur les volailles de Bulgarie, pour faire de l'ordre dans les régions désormais touchées par la grippe aviaire qui sont maintenant indemnes de la « maladie de Newcastle ».
Parmi les pays de l'UE encore indemnes, l'Allemagne a annoncé le 14 février qu'elle allait ordonner l'enfermement des volailles à compter du 20 février (neuf jours avant la date prévue, le 1er mars). L'Allemagne avait déjà procédé à l'enfermement des volailles dans les poulaillers d'octobre à décembre 2005. Les Pays-Bas ont indiqué le 13 février que les volailles devront être enfermées, dès le 20 février, dans des bâtiments dans les zones considérées à risques (autour d'un plan d'eau ou d'une zone où se posent les oiseaux migrateurs). Une mesure de confinement avait déjà été prise mi-octobre aux Pays-Bas et avait été levée le 1er janvier (après la fin de la période migratoire des oiseaux).