Bruxelles, 14/02/2006 (Agence Europe) - Suite à la publication du rapport de la Commission sur la mobilité des travailleurs dans l'UE après 2004, les Etats membres de l'UE ont jusqu'au 30 avril prochain pour lui notifier leur décision de lever ou non leurs restrictions nationales à la libre circulation des travailleurs (voir EUROPE n°9127). La Finlande et l'Espagne ont d'ores et déjà annoncé qu'elles allaient ouvrir leurs marchés du travail aux travailleurs en provenance des nouveaux Etats membres de l'UE le 1er mai 2006.
On se rappellera que seuls le Royaume-Uni, la Suède et l'Irlande avaient immédiatement ouvert leurs marchés de l'emploi aux travailleurs des nouveaux Etats membres de l'UE. Parmi les autres Etats membres de l'UE des 15, la Finlande, qui n'a jamais introduit de période transitoire pour les services, l'avait fait pour la mobilité des travailleurs. Ceci s'explique lorsqu'on examine le fonctionnement du marché du travail finlandais, où l'enregistrement des travailleurs venant d'autres pays - souvent en tant que sous-traitants ou saisonniers - sur le marché de l'emploi est extrêmement important pour que soit garantie l'égalité entre tous les travailleurs et pour qu'il y ait une concurrence saine entre les entreprises, souligne la ministre finlandaise du Travail, Tarja Filatov, dans un communiqué. La ministre constate que les travailleurs en provenance des nouveaux Etats membres de l'UE viennent la plupart du temps en Finlande pour travailler comme saisonniers ou comme sous-traitants, ce qui rend difficile de contrôler la situation exacte du marché de l'emploi. Selon elle, la décision de renoncer aux restrictions transitoires ne mettra pas fin au travail saisonnier, mais permettra de prévenir son augmentation.
Vendredi dernier, le groupe de travail tripartite du ministère du Travail finlandais a recommandé, à l'unanimité, que la Finlande lève ses restrictions nationales à la libre circulation des travailleurs dans l'UE à partir du 1er mai 2006. Cette recommandation est à présent soumise au gouvernement qui présentera ensuite un rapport au parlement qui prendra la décision finale de supprimer ou non cette période transitoire, indique un communiqué qui relève les conclusions unanimes du groupe de travail, à savoir:
1) toutes les méthodes d'enregistrement concernant les citoyens européens seront développées avec l'objectif d'améliorer les statistiques sur la mobilité des travailleurs. Cette méthode d'enregistrement sera développée en liaison avec la mise en oeuvre en Finlande de la directive sur la mobilité et le séjour des citoyens de l'UE sur le territoire d'autres Etats membres;
2) les conditions préalables autorisées par les Traités d'adhésion pour l'enregistrement de nouveaux citoyens doivent être clarifiées, et les propositions seront faites d'ici fin mars. L'enregistrement augmente les possibilités de contrôler la mobilité des travailleurs et de superviser les conditions de l'emploi ;
3) le contrôle sur les conditions de l'emploi se poursuivra. Les ressources additionnelles nécessaires à ce type de contrôle seront garanties dans des situations de travail de sous-traitance et de travail saisonnier, afin d'éviter les distorsions provoquées par le non respect des conditions de travail par les employeurs ;
4) il ne sera pas nécessaire de restreindre l'admission de citoyens bulgares et roumains sur le marché de l'emploi finlandais, dans la perspective de l'élargissement de l'UE à ces deux pays au 1er janvier 2007.