Bruxelles, 13/02/2006 (Agence Europe) - Le week-end dernier à Moscou, les ministres des Finances du G8 ont constaté qu'ils devront redoubler d'efforts pour concrétiser leurs appels à une meilleure sécurité énergétique, dont la Russie a fait une priorité de sa Présidence du groupe des huit (Etats-Unis, Canada, Japon, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie - le groupe des Sept - plus Russie). En ce qui concerne la ratification par Moscou du Traité sur la Charte de l'énergie, les membres du G7 n'ont pas obtenu gain de cause, du moins à ce stade. Sous pression, Alexei Kudrin, ministre russe des Finances, a reconnu que les discussions avaient été « tendues » et « houleuses », reflétant des opinions différentes. « Nous avons parlé de la Charte sur l'énergie, mais je n'aborderai pas cette question pour le moment », a précisé M. Kudrin à la presse, assurant que l'objectif de la Russie était d'être « un des fournisseurs (de gaz) les plus stables ». La Russie n'a pas encore ratifié le Traité sur la Charte de l'énergie à laquelle ont adhéré 50 Etats mais les Etats-Unis et le Canada ne l'ont même pas signé. En tant que premier exportateur mondial de gaz, la Russie fournit un quart des besoins de l'UE, et l'espace de discussion qu'offre le Traité serait utile pour résoudre de nouveaux conflits en matière d'approvisionnement. Soulevée par les partenaires de Moscou, cette question reviendra à l'ordre du jour des prochaines réunions du G8 sous Présidence russe, notamment lors du Sommet de Saint-Pétersbourg en juillet (EUROPE n° 9128). « La récente affaire avec l'Ukraine montre que le dialogue entre la Russie et l'UE pourrait mieux fonctionner », a plaidé lors de la rencontre de Moscou le ministre français Thierry Breton, qui rappelle: « Notre position à nous tous est qu'il doit y avoir une meilleure visibilité et une plus grande fiabilité de l'approvisionnement (…) du transit et des prix ». Le Chancelier de l'Echiquier, Gordon Brown, a plaidé pour l'ouverture du dialogue entre pays producteurs et pays consommateurs, jusque là surtout consacré au pétrole, à la question du gaz. « Je pense que nous devons désormais améliorer le dialogue avec les pays de l'OPEP et les autres producteurs d'énergie (…), nous mettre d'accord pour intégrer aussi le gaz dans cette initiative (…) », a-t-il déclaré.
Le communiqué publié le 11 février à l'issue de la réunion évoque la question énergétique dans des termes très généraux, insistant sur le rôle « essentiel » des mécanismes de marché pour assurer le fonctionnement efficace du système énergétique mondial. Les ministres y répètent leurs attentes concernant plus de transparence sur les réserves de pétrole, la production et la consommation, ainsi qu'un renforcement des investissements dans les capacités d'exploration, de production, de transport et de raffinage.
L'économie mondiale poursuivra une croissance « solide » en 2006, malgré le niveau élevé et la volatilité des prix du pétrole, indique aussi le communiqué du G8. L'activité économique pourrait toutefois pâtir d'une éventuelle pandémie de grippe aviaire, soulignent aussi les ministres, qui appellent à soutenir les pays pauvres dans leur lutte contre le virus (voir autre nouvelle). En l'absence des banquiers centraux, la question de taux de change n'a pas été abordée lors de la réunion de Moscou. Le communiqué réaffirme par ailleurs « qu'un résultat ambitieux des discussions à Doha d'ici la fin 2006 est nécessaire pour renforcer la croissance et réduire la pauvreté ».