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Bulletin Quotidien Europe N° 9130
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/transports

L'IATA demande à la Commission d'examiner les pratiques tarifaires des aéroports

Bruxelles, 13/02/2006 (Agence Europe) - L'Association internationale du transport aérien, l'IATA, demande à la Commission européenne de créer un organe européen chargé d'examiner les pratiques tarifaires des aéroports, a dit lundi à la presse Giovanni Bisignani avant de rencontrer le Commissaire chargé des Transports Jacques Barrot.

L'industrie aérienne « demeure en crise », a-t-il expliqué, en alignant les chiffres: depuis 2001, le secteur a perdu environ 42 milliards de dollars et risque d'en perdre encore 4,3 milliards cette année à cause de la hausse du prix du pétrole. Une augmentation que les compagnies aériennes ont payée très cher: la facture pétrolière est passée de 44 milliards de dollars en 2003 à près de 100 milliards en 2005. Si les entreprises européennes ne s'en sortent pas trop mal par rapport à leurs consoeurs américaines, « même les compagnies bénéficiaires (comme BA, Air France/KLM, Lufthansa, Iberia, SAS) ne couvrent pas le coût du capital », a expliqué M. Bisignani, pour qui la situation « ne fait que s'empirer », malgré l'augmentation du trafic aérien. La solution ? « Réduire les coûts et améliorer l'efficacité ». Mais les partenaires des compagnies aériennes doivent aussi faire des efforts, ce qui n'est pas toujours le cas, se plaint M. Bisignani, rappelant: « Les compagnies aériennes et leurs clients payent aux aéroports et fournisseurs de services 42 milliards de dollars chaque année ». Or, si certains aéroports joignent leurs efforts à ceux des compagnies aériennes, comme celui de Copenhague, d'autres vivent tout simplement « dans une utopie monopolistique ». C'est notamment le cas de l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, « le pire exemple », où « les charges ont augmenté de 26,5 % les cinq dernières années » et vont encore augmenter de 5% dans les cinq prochaines années, a dénoncé le président de l'IATA. Or, « là où il n'y a ni discipline commerciale, ni concurrence - comme c'est le cas des fournisseurs monopolistiques - les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités ». C'est pourquoi il demande à la Commission européenne de créer un organe européen chargé d'examiner les pratiques tarifaires des aéroports de plus de cinq millions de passagers. Cet organe devra être « juste, transparent, indépendant et rapide » et comporter « un mécanisme de règlement des différends ».

Le président de l'IATA a saisi l'occasion pour critiquer une nouvelle fois l'idée du Président Chirac qui veut régler « les problèmes de développement dans le monde en taxant les compagnies aériennes et leurs clients », ou le projet du gouvernement suédois d'imposer une taxe environnementale sur les passagers aériens à partir de juillet. Il est temps que l'on cesse de prendre les compagnies aériennes « pour des vaches à lait », a-t-il martelé.

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