Strasbourg, 26/01/2006 (Agence Europe) - « L'Assemblée redoute que le Conseil de l'Europe ne perde en crédibilité à cause du manque de véritable réaction de son organe exécutif face à la plus grave situation des droits de l'Homme touchant l'un des Etats membres », affirme la résolution adoptée le 25 janvier sur la base du rapport du social-démocrate allemand Rudolph Bindig sur la Tchétchénie. L'Assemblée parlementaire, qui exprime sa compréhension vis-à-vis des difficultés que rencontrent les autorités de la Fédération de Russie dans leur lutte contre le terrorisme, s'en prend directement aux Etats membres et au Comité des ministres qui « n'ont pas traité le problème des graves violations des droits de l'Homme de manière régulière, sérieuse et intensive (…) commises massivement et impunément en République tchétchène et, dans certains cas, dans les régions avoisinantes ». Dans une recommandation, l'Assemblée suggère de: - relancer le monitoring de la situation en Tchétchénie par le Comité des ministres ; - examiner au sein du Comité les conséquences des déclarations publiques du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) sur la coopération insuffisante de la Russie avec cet organe et inviter Moscou à autoriser sans tarder la publication de tous les rapports du CPT ; - offrir à Moscou une aide concrète pour résoudre le problème des disparus. L'Assemblée prie instamment sa délégation russe de demander la création à la Douma d'une commission d'enquête sur les raisons pour lesquelles les forces de l'ordre n'ont pas arrêté les individus responsables des graves violations des droits de l'Homme (sur lesquelles l'Assemblée possède une documentation). L'Assemblée, par ailleurs, note que la loi récemment adoptée en Russie sur le statut juridique des organisations de la société civile ne répond pas aux critères du Conseil de l'Europe.