Bruxelles, 26/01/2006 (Agence Europe) - Le rapport de progrès de la Commission européenne sur la stratégie de Lisbonne ne fait pas l'unanimité chez les députés européens (EUROPE n° 9117).
Au groupe PPE-DE, l'élu de la CSU Alexander Radwan avoue qu'il aurait souhaité « plus de courage » de la part de la Commission, à laquelle il reproche d'avoir renoncé à comparer les programmes de réforme des Etats membres. Au groupe socialiste, le Président du Parti des Socialistes Européens, Poul Nyrup Rasmussen, tout en notant que « le mélange de réforme, investissement et flexicurité » affiché par la Commission semble plutôt « social-démocrate » et « inspiré des succès nordiques des années 90 », regrette: « Cependant, je vois plus d'insistance sur la flexibilité et l'adaptabilité que sur les opportunités pour tous ». L'ancien Premier ministre danois exhorte donc les gouvernements à « adopter une approche de la flexicurité plus soucieuse du citoyen ». Le président du groupe socialiste, Martin Schulz, estime lui aussi que le rapport traduit un « changement d'approche de la Commission », qui montre « une nouvelle disponibilité à s'inspirer des modèles européens d'excellence, surtout dans les pays nordiques ». Cependant, le social-démocrate allemand considère que « le lien manquant demeure une stratégie européenne d'investissement pour exploiter tout le potentiel de création d'emplois ». Le vice-président autrichien du groupe Hannes Swoboda, qui a participé mercredi à la rencontre de la Conférence des Présidents avec MM. Barroso et Verheugen, insiste lui aussi sur davantage d'investissements - des « investissements publics, y compris du budget de l'UE », ainsi que privés. Le vice-président français du groupe Harlem Désir met l'accent, lui, sur la création d'emplois, des emplois, dit-il, qui doivent « garantir des rémunérations correctes ». Quant au vice-président luxembourgeois Robert Goebbels, il réclame l'abolition de « la bureaucratie excessive » qui entrave en particulier les petites et moyennes entreprises. Le jugement du groupe des Verts/ALE est nettement plus négatif. La coprésidente Monica Frassoni, présente elle aussi à la réunion avec le président et le vice-président de la Commission, déplore: « En dehors des propositions sur la libéralisation, la Commission peine à avoir des idées sur les politiques européennes ». La verte italienne indique que son groupe partage les objectifs de création d'emplois, d'innovation et de modernisation, mais qu'il est en désaccord avec les instruments avancés par la Commission.