Bruxelles, 26/01/2006 (Agence Europe) - La commission des affaires étrangères du Parlement européen a adopté jeudi (36 voix pour, 3 contre et 11 abstentions) le rapport de son président, Elmar Brok (CDU), sur la stratégie d'élargissement présentée par la Commission en novembre dernier (voir EUROPE n°9065). Globalement, le PE partage et soutient la stratégie de la Commission, mais estime néanmoins que pour comprendre et pouvoir appliquer le critère de la capacité d'absorption de l'UE (un des critères de Copenhague), il est indispensable de « définir la nature de l'Union européenne, y compris ses frontières géographiques ». La Commission est donc invitée à préparer, d'ici la fin de cette année, un rapport qui explique et précise les principes qui sont à la base de ce concept (le PE rédigera lui-même un rapport d'initiative sur ce sujet). Le PE note aussi que l'actuel blocage dans la ratification de la Constitution européenne « empêche l'Union de renforcer sa capacité d'absorption ». Il rappelle par ailleurs au Conseil qu'avant de prendre toute décision finale sur une future adhésion, il devra s'assurer que les moyens budgétaires adéquats sont disponibles pour financer les politiques de l'UE élargie. Le PE estime qu'une Turquie démocratique et séculaire pourrait jouer un « rôle constructif pour promouvoir la compréhension mutuelle entre civilisations », mais que, sur le plan des préparations internes à l'adhésion, elle doit faire plus pour éliminer tous les obstacles législatifs et pratiques à l'exercice des droits et des libertés fondamentales, notamment liberté d'expression, religieuse, culturelle, et des minorités. En ce qui concerne les pays des Balkans (dont la perspective d'adhésion est explicitement confirmée), le PE attribue beaucoup d'importance à la coopération régionale entre ces pays, y compris sur des sujets délicats tels que la réconciliation ethnique et religieuse, la libre circulation des personnes, la lutte contre le crime organisé, le retour des réfugiés et la création d'une zone régionale de libre-échange. Les pays des Balkans doivent aussi faire plus pour la protection des minorités et assurer leur droit de retour dans leur pays d'origine, estime le PE. Le PE demande aussi que soit maintenue la possibilité de négocier avec les futurs nouveaux membres des « dérogations rigoureuses, générales ou précises » en ce qui concerne la libre circulation des personnes et des travailleurs. Le rapport précise par ailleurs que les pays candidats doivent démontrer qu'ils sont en mesure de protéger les frontières extérieures de l'Union après avoir souscrit à l'accord de Schengen. Le PE invite en outre la Commission et les Etats membres à développer une stratégie de communication afin de répondre aux « inquiétudes légitimes » des citoyens européens à l'égard de l'élargissement de l'UE.