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Bulletin Quotidien Europe N° 9100
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

Vers un assouplissement du code pénal ? Nouveaux développements de l'affaire Pamuk- Abdullah Gül critique l'action judiciaire contre le député européen Joost Lagendijk

Bruxelles 30/12/2005 (Agence Europe) - La situation de l'écrivain turc Orhan Pamuk devant la justice de son pays est en train d'évoluer dans un sens correspondant aux exigences exprimées par l'Union européenne (le Commissaire à l'élargissement Olli Rehn avait déclaré que le procès ouvert contre lui pour délit d'opinion était en fait « le procès de la Turquie », et des députés européens s'étaient rendus à Istanbul pour l'ouverture du procès: voir EUROPE N. 9090).

D'abord, dans l'affaire de l'accusation pour « insulte délibérée à l'identité turque » pour avoir déclaré à un magazine suisse qu'un million d'Arméniens et de Kurdes ont été tués en Turquie, « mais personne d'autre que moi n'ose le dire »¸ c'est finalement le ministère de la Justice qui tranchera sur la question de savoir si poursuivre ou non le procès, qui doit en principe reprendre le 7 février, contre l'écrivain à qui a été attribué cette année le Prix de la paix des libraires allemands (voir EUROPE N.9099).

Ensuite, une plainte déposée fin octobre par une association de juristes nationalistes contre Orhan Pamuk pour « atteinte ouverte à l'image de l'armée » vient d'être classée sans suite. L'écrivain avait dit au quotidien allemand Die Welt: « Je ne vois pas l'AKP (le Parti de la justice et du développement au pouvoir) comme une menace pour la démocratie turque. Malheureusement, la principale menace est l'armée, qui nuit parfois au développement de la démocratie ».

Par ailleurs, le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül a critiqué l'ouverture d'une procédure judiciaire contre le député européen Joost Lagendijk (vert néerlandais président de la Délégation à la Commission parlementaire mixte UE/Turquie) pour des déclarations faites au sujet de la justice et de l'armée turques. « Ce genre de choses n'apporte rien de bon pour la Turquie », a estimé dans une interview à la chaîne privée NTV les chefs de la diplomatie turque, pour qui les plaintes déposées systématiquement pour ce genre d'affaire trahissent une « volonté très délibérée de provoquer le chaos ». Le ministre avertit: l'article 301 du Code pénal (invoqué dans les cas cités) et d'autres de ses dispositions « ne sont pas intouchables, et si nécessaire, les lois peuvent aussi changer ».

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