Bruxelles, 05/12/2005 (Agence Europe) - Les élus du PS belges regrettent le temps où « Prodi osait », même si on le lui a beaucoup reproché dans certains cas, comme lors de l'élaboration du projet constitutionnel Pénélope. Certes, « Barroso communique mieux, mais il communique sans colonne vertébrale (…), à la limite, comme le pantin de certains chefs de gouvernement » et son offre de 50 millions d'euros (en réalité, juste une réaffectation de crédits) lors de la crise des banlieues en France était « le summum de la démagogie simpliste ». Ce jugement sévère est celui de Philippe Busquin pour qui la dominante de cette nouvelle Commission est celle du « laisser aller et du laisser faire », avec des Commissaires comme Kroes et Mandelson. Rares sont les Commissaires actuels qui ont une vision européenne si l'on excepte Louis Michel et Janez Potocnik qui font tout ce qu'ils peuvent, ajoute le père de l'Espace européen de la recherche qui craint que le 7ème programme-cadre fasse les frais du mauvais accord sur les perspectives financières qui se prépare en ce moment, dit-il, avec la complicité de pays qui, comme la Belgique, sont aujourd'hui prêts à n'importe quoi pourvu de parvenir à un accord budgétaire. L'autre préoccupation des socialistes belges est le poids croissant du Vatican dans les institutions européennes, ont expliqué Philippe Busquin et Alain Hutchinson à quelques journalistes. « La dérive du président Barroso et de la Commission vers la droite catholique » est très visible, avec comme première grande victime le Groupe européen d'éthique, « caviardé par des manœuvres pas correctes », a déploré Philippe Busquin. Evoquant les interférences cléricales dans le débat politique, les multiples services religieux dans les lieux de réunion du Parlement européen, des expositions de l'extrême droite polonaise empêchées in extremis au PE, Alain Hutchinson n'hésite pas à affirmer que l'élargissement a fait faire au Parlement « un bond d'un siècle en arrière ».