Bruxelles, 20/10/2005 (Agence Europe) - Réunis mardi à Strasbourg, les hommes et les femmes qui travaillent dans le secteur agricole et forestier ainsi que leurs associations et coopératives ont produit une déclaration dans laquelle ils exigent de la part des décideurs politiques « une fermeté accrue dans les négociations internationales » sur la libéralisation des échanges commerciaux. Pour bénéficier des possibilités offertes par le marché mondial, sans démolir la Politique agricole européenne (PAC), les décisions politiques à l'OMC doivent reposer sur deux idées simples, déclare le Congrès des agriculteurs européens: l'agriculture est un secteur spécifique qui ne peut pas être traité comme les autres et l'Europe doit pouvoir assurer sa propre souveraineté et sécurité alimentaire. Pour ne pas devoir « payer deux fois », les agriculteurs attendent des responsables politiques qu'ils défendent un niveau d'accès au marché européen qui assure à l'agriculture européenne les moyens de produire aux conditions demandées par les citoyens européens. Aucune concession sur l'accès aux marchés ne doit être faite si elle risque de mettre en péril la PAC réformée en 2003, avertissent les agriculteurs, qui demandent aussi que les négociateurs obtiennent la reconnaissance que le nouveau système de paiements directs découplés n'a pas d'effets de distorsion sur les échanges (voir EUROPE n° 9052 au sujet des assurances données par la Commissaire Fischer Boel). En outre, ils affirment qu'il serait « inacceptable » que les responsables politiques fassent des concessions sur les aides aux exportations sans contreparties équivalentes des pays tiers qui mènent eux-mêmes une politique généreuse d'aide à l'exportation. Ils soulignent qu'il ne peut y avoir un bon accord que s'il prend en compte des considérations autres que celles d'ordre commercial, comme la protection des indications géographiques. Les responsables politiques européens doivent aussi faire « reconnaître » à l'OMC le niveau élevé des normes communautaires en matière environnementale, sanitaire ou de bien-être des animaux - que ce soit par les réglementations relatives à l'accès au marché et l'étiquetage ou par des soutiens publics qui ne créent pas de distorsions de concurrence -, écrivent encore les agriculteurs de l'UE, qui soulignent leur volonté de poursuivre des actions concrètes de lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde en aidant avant tout les paysans des pays en développement à accroître leur production.