20/10/2005 (Agence Europe) - « De quel modèle parlons-nous ? » demande Eugen Bruand, délégué général du Mouvement international ATD Quart Monde , à propos du « modèle social européen » qui est aujourd'hui au centre des débats. On peut discuter sans fin des avantages du modèle français ou du modèle anglo-saxon, au bout du compte, dit-il dans la Revue Quart Monde N° 195, « ce seront les plus fragiles qui paieront l'addition » car « quelles que soient les politiques choisies, il n'en est aucune qui se soit fixé la seule ambition possible: que tous, sans exception, puissent prendre part à l'activité humaine. Toutes semblent admettre comme une fatalité l'idée qu'une part de l'humanité, que chacun souhaiterait la plus réduite possible, certes, reste en dehors du coup ». En estimant que ce modèle est « encore à penser et à bâtir avec ceux qui, à cause de leur pauvreté, subissent à l'extrême l'exclusion sociale », M. Bruand rappelle: « Le ministre de l'Emploi en France a bien illustré cette résignation en déclarant, après d'autres, que nous allions vers une forme de plein emploi à 6% (de chômage) d'ici cinq ans. Sommes-nous si sûrs que ces 6% d'exclus du droit au travail apprécient ce très relatif plein emploi ? ».