Bruxelles, 20/10/2005 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé le 19 octobre devant la BDI (industrie allemande) à Bruxelles, le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a reconnu que la « croissance potentielle » dans l'UE en 2006 se situe à un taux « guère satisfaisant de 2% », et que des estimations récentes montrent que le simple vieillissement de la population pourrait réduire ce taux à 1% seulement d'ici 2040. Quant au modèle social européen, M. Almunia, tout en le défendant, préfère parler de « modèles », des modèles qui, dit-il, « reflètent largement les préférences sociales des Européens et qui, donc, ne doivent pas être touchés dans leurs éléments centraux, et ne le seront pas ». En même temps, il répète: « il y a une énorme diversité (…) et il n'y a pas un seul modèle social qui prévaut ». Tout en saluant les succès obtenus par les politiques sociales européennes, M. Almunia pointe aussi du doigt leurs défaillances et affirme: « c'est le marché du travail qui est le principal test de l'efficacité des réformes » que doivent réaliser les Etats membres de l'UE. Selon lui, « il y a de forts arguments en faveur de la réforme du modèle social » (là, il utilise le singulier), « mais sans le démanteler ». Pour M. Almunia, les Etats membres devraient: - « réformer les politiques qui subventionnent explicitement ou implicitement l'inactivité, et réorienter leurs efforts pour augmenter le taux d'activité et, si possible, le nombre d'heures de travail » ; - considérer « l'équité » en termes non seulement de distribution de revenus, mais aussi d'égalité des chances (entre femmes et hommes sur le marché du travail) et d'égalité d'accès (à une bonne éducation, à la santé). Cette approche a été un facteur important de l'augmentation du potentiel de main-d'œuvre et de ressources humaines dans les pays nordiques ; - réfléchir à l'idée de « sécurité » afin de tenir compte des nouveaux « risques et réalités du marché du travail ». En citant l'exemple « positif » de la réforme du marché du travail danois, M. Almunia note que « des allocations chômage généreuses et de longue durée peuvent entraîner (…) une détérioration des qualifications des chômeurs, alors qu'une législation stricte de protection de l'emploi ne fournit pas de travail à ceux qui n'en ont pas » ; - réorienter la dépense publique plutôt que l'augmenter (notamment vers la R&D et l'éducation).