Bruxelles, 12/10/2005 (Agence Europe) - La Pologne s'inquiète de plus en plus des conséquences négatives qu'aurait pour elle, et pour les autres nouveaux pays membres, tout report de la décision sur les perspectives financières 2007-2013 au-delà du Conseil européen des 15 et 16 décembre. En cas de non-accord sous présidence britannique, ces pays risquent en effet de prendre du retard dans la programmation des Fonds structurels, ce qui pourrait entraîner de sérieux retards de paiement en 2007. « J'ai l'impression que nos amis britanniques veulent gagner du temps, ou alors qu'ils comptent passer la patate chaude aux Autrichiens qui vont prendre la présidence du Conseil de l'Union le 1er janvier 2006. Qu'ils sachent que nous exigerons fermement les milliards d'euros perdus en raison du retard pris », a déclaré le ministre polonais des Affaires européennes, Jaroslaw Pietras, au quotidien français La Tribune. Selon lui, un accord budgétaire non bouclé dans les délais pourrait faire perdre à la Pologne la moitié des Fonds structurels qui lui sont destinés. Comme tous les nouveaux pays membres et aussi la Commission européenne (EUROPE n° 9046), la Pologne souhaite que la question budgétaire soit déjà abordée par les chefs de gouvernement du Sommet informel de Hampton Court (le 27 octobre), et pas seulement au Conseil européen de décembre à Bruxelles. Et que la présidence britannique sache que la Pologne sera intransigeante dans les négociations, notamment en matière de politique de cohésion, même si Varsovie a intérêt à un accord rapide, a averti M. Pietras: « Nous étions prêts à faire un sacrifice financier au Conseil européen de juin dernier à Bruxelles (où les dix nouveaux membres avaient proposé de réduire leur enveloppe financière pour aboutir à un accord sur la base de la proposition de la présidence luxembourgeoise: NdlR). Nous ne le sommes plus », met en garde le ministre polonais.