Bruxelles, 27/09/2005 (Agence Europe) - L'Autriche, bien qu'isolée, continue à réclamer que le mandat de l'UE pour les négociations d'adhésion avec la Turquie (« cadre de négociation ») ne fixe pas comme seul objectif l'adhésion, mais qu'il mentionne aussi d'autres alternatives, telles que le partenariat privilégié. Les consultations bilatérales en cours entre la présidence britannique et l'Autriche n'ont apparemment pas encore permis de débloquer la situation. « Rien n'a changé » à propos de la position autrichienne, a commenté mardi un porte-parole autrichien. Les ambassadeurs britannique et autrichien auprès de l'UE ont eu un tête-à-tête lundi. « La réunion a été positive et constructive. Nous avons maintenant une idée claire de ce que les Autrichiens souhaitent », s'est limité à dire un porte-parole de la présidence qui a l'intention de présenter un nouveau texte de compromis lors de la prochaine réunion du Coreper prévue pour ce jeudi. Si les ambassadeurs devaient se quitter sans accord sur le cadre de négociation, une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères pourrait bien avoir lieu dimanche 2 octobre afin de trouver une issue et adopter le mandat de négociation - suffisamment tôt avant l'ouverture des négociations d'adhésion prévue pour le 3 octobre à Luxembourg. Il est en effet inimaginable que le Conseil Affaires générales/Relations extérieures doive encore discuter du cadre de négociation lundi dans la matinée, sachant que la délégation turque ne fera certainement pas le déplacement à Luxembourg sans avoir la garantie que tous les obstacles ont été levés et que l'ouverture des pourparlers aura effectivement lieu lundi après-midi.
Officiellement, des diplomates autrichiens démentent que Vienne ait établi un « lien formel » entre le problème de la Turquie et l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Croatie, mais les deux dossiers sont bel et bien liés dans les consultations en cours. « Nous pensons que les développements en Croatie au cours des récentes semaines ont été tels qu'il serait justifié de commencer les négociations d'adhésion maintenant », a affirmé la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, dans le Financial Times de mardi. Beaucoup dépendra du procureur général du Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla del Ponte, qui donnera dans les prochains jours un nouvel avis sur l'attitude des autorités croates et leur coopération avec le TPIY. La Présidence britannique a l'intention d'organiser une réunion ministérielle de la Task Force de l'UE sur la Croatie encore avant le 3 octobre (très probablement le 2 octobre). La Task Force réunira les ministres des Affaires étrangères britannique, autrichien et finlandais, ainsi que le Haut représentant Javier Solana et le Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn. Selon la présidence britannique, il est probable que Mme del Ponte participera personnellement à cette réunion pour faire le point après son importante visite à Zagreb, le 30 septembre. Si l'avis de Mme del Ponte est positif sur toute la ligne, la Task Force pourrait recommander lundi au Conseil Affaires générales/Relations extérieures de fixer déjà une date pour l'ouverture des négociations. En revanche, si l'avis du procureur général était plus mitigé, il est plus probable que le Conseil décide lundi d'envoyer à la Croatie un signal positif et encourageant, par exemple sous la forme d'un engagement d'ouvrir les pourparlers d'ici la fin de l'année. Rappelons que le cadre de négociation pour la Croatie a déjà été adopté par le Conseil.