Bruxelles, 27/09/2005 (Agence Europe) - La presse italienne de mardi indiquait que la banque néerlandaise ABN Amro et la banque italienne Banca popolare italiana (BPI) ont signé un accord sur le rachat de la banque italienne Antonveneta. En acquérant 39,3% d'Antonveneta détenus par BPI et d'autres investisseurs au prix de 26,5 euros par action (son offre de départ était de 25 euros par actions), ABN Amro contrôlera ainsi près de 69% du capital d'Antonveneta et devra lancer une offre sur les 31% restants.
Dans une interview accordée mardi au quotidien La Repubblica, Rijkman Groenink, Président du directoire d'ABN Amro, indique qu'il comprend « qu'un pays veuille conserver des banques importantes sur son propre territoire ». « Mais en même temps, il doit être clair au gouverneur de la Banque d'Italie et à tous que l'intégration au niveau européen des industries et des banques est déjà en cours et continuera dans le futur », déclare-t-il, en ajoutant: « il n'y a aucun sens à mettre un frein à ce mouvement, c'est contreproductif pour les intérêts nationaux ». Il faisait ainsi référence à Antonio Fazio, actuel gouverneur de la Banque d'Italie, dont l'attitude partiale avait dans un premier temps favorisé la BPI et ses alliés dans leur tentative de rachat d'Antonveneta. Cette attitude a provoqué en Italie une crise institutionnelle encore non-résolue qui a conduit à la démission du ministre de l'Economie Siniscalco (remplacé par Tremonti) et au lancement d'un projet de réforme du statut de la Banque d'Italie.
La Commission européenne présentera au Conseil Ecofin de novembre son rapport sur les obstacles aux fusions transfrontalières dans le secteur bancaire (voir EUROPE n° 8926). Commandité par le Conseil Ecofin de septembre 2004, ce rapport se concentre sur les règles prudentielles que les autorités nationales peuvent invoquer pour bloquer l'absorption d'une banque nationale par une banque étrangère. Il pourrait conduire à la révision de la directive 2000/12/CE sur l'accès à l'activité des établissements de crédit.