Après la publication du classement des 100 premières banques européennes en 2004, selon la rentabilité de leurs fonds propres (RoE, voir IE8907), EUROPE publie aujourd'hui une analyse de leurs performances en fonction de leur coefficient d'exploitation (ou produit net bancaire, basé sur le réglage entre les recettes et les dépenses). Il s'agit des deux critères de référence pour mesurer la rentabilité des établissements financiers. Ces tableaux ont été publiés par le quotidien Les Echos les 11 et 12 juillet derniers, sur base des statistiques de l'agence Fitch Ratings. De manière générale, les banques européennes ont réalisé des bénéfices proches des records en 2004, grâce à un coût du risque historiquement bas mais aussi grâce à une meilleure maîtrise des coûts. L'amélioration se constate jusque dans les derniers du classement avec 22 banques dont le coefficient d'exploitation est supérieur à 70% contre 26 l'an dernier. La nature des activités et l'organisation influent sur cet indicateur. Les établissements de petite taille sont ainsi les mieux placés: MEDIOBANCA (3e, Italie), qui tire une grande partie de ses revenus de ses commissions ou de son portefeuille, est dans le « Top 5 » alors que les géants suisses UBS (89e) et CREDIT SUISSE (95e), actifs sur les métiers de gestion de fortune et de banque d'investissement à l'échelle mondiale, sont en queue de peloton. Ce qui ne les empêche pas de se situer très bien dans le classement en fonction de leur Roe (premier tiers). Plus en détail: les hiérarchies par pays se confirment: 1) 8 banques britanniques sur les 11 se trouvent dans la première moitié du tableau, tout comme les 4 banques irlandaises ; 2) 7 groupes nordiques sur 8 se trouvent aussi dans la première partie du tableau ; 3) l'Espagne réussit également de très bons résultats: 9 banques sur 10 se situent dans la première moitié du tableau. Deux font leur apparition et se placent directement dans le premier tiers (BANKINTER (19e) et CAJA DE AHORROS DEL MEDITERRANEO (21e)) ; 4) les banques françaises perdent du terrain. Leur situation est contrastée entre celles dont le coefficient diminue (BNP PARIBAS, SOCIETE GENERALE, BANQUE POPULAIRE, CREDIT AGRICOLE) et les autres (CAISSE D'EPARGNE et CREDIT MUTUEL) ; 5) en Allemagne et, dans une moindre mesure, en Italie, les banquiers ont encore des difficultés à faire croître leurs activités et les gros efforts fournis en vue de réprimer les coûts ne sont pas répercutés dans le classement. 4 grandes banques allemandes sont toujours dans les 5 dernières (voir ci-dessus). En Italie, sur les 14 présentes, 4 dépassent le seuil de 70% (BANCA MONTE DEI PASCHI DI SIENA (83e), CAPITALIA (85e), BANCA POPOLARE DI MILANO (90e), BNL (92e)). Elles étaient 8 l'an dernier.