Luxembourg, 08/06/2005 (Agence Europe) - Sur la base de la communication de la Commission du 24 mai (EUROPE n° 8954), les ministres de la Recherche du Conseil de l'UE et les ministres du Conseil de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont, lors du 2ème Conseil Espace, le 7 mai à Luxembourg dans le cadre du Conseil Compétitivité, examiné les premiers éléments de la future Politique spatiale européenne. Le Conseil a discuté des priorités du Programme spatial européen et d'une estimation de ses coûts et des modalités de son financement, des rôles et des responsabilités de l'UE, de l'ESA et des autres parties, et des principes de politique industrielle concernant la mise en œuvre du Programme.
Lors de la conférence de presse finale, le ministre luxembourgeois de la Recherche et président du Conseil de l'UE, François Biltgen, a mis en exergue les conclusions essentielles de la réunion: - (1) il y a eu « accord unanime sur la dimension stratégique que l'espace doit être pour l'Europe (…) L'utilisation de l'espace doit être au service des intérêts des citoyens européens ». Le Conseil s'est en outre félicité du rôle que pourra jouer la Politique spatiale européenne pour la relance de la Stratégie de Lisbonne; (2) les deux organes du Conseil Espace se sont définitivement entendus sur la définition de leurs rôles respectifs dans le cadre de la future Politique spatiale européenne. D'une part, l'UE sera chargée de compiler les besoins des utilisateurs de l'espace et fédérer la volonté politique pour répondre à ces besoins. L'UE visera ainsi à assurer la disponibilité et la continuité des services opérationnels d'appui à ces politiques, notamment dans le contexte des deux priorités de la Politique spatiale européenne, les programmes Galileo et GMES. L'UE devra aussi s'efforcer de garantir un cadre réglementaire optimal et l'accès aux marchés internationaux. Quand à l'ESA, tout en recherchant l'excellence dans le domaine de la recherche scientifique spatiale, elle devra concentrer ses activités sur l'exploration de l'espace et sur les outils essentiels dans ce contexte (développement des fusées et des porteurs, accès à espace, connaissance scientifique et technologies spatiales). Les Etats membres de l'ESA pourront aussi collaborer à la mise en œuvre des systèmes spatiaux ayant une importance pour les politiques de l'UE.
Des questions restent toutefois à approfondir: - nécessité de mieux identifier les coûts relatifs au futur Programme et les possibles sources et modalités de financement ; - nécessité de mieux définir les aspects de gouvernance du futur programme (il s'agira en particulier de mieux garantir la complémentarité des différents acteurs européens) ; - nécessité de trouver une formule adéquate pour assurer l'implication équitable des Etats qui ne sont pas membres des deux organisations ; - opportunité de mieux distinguer entre les objectifs à court et moyen terme et les éléments stratégiques à plus long terme. Ces points seront discutés par les participants à la Politique spatiale européenne en vue du prochain Conseil Espace, prévu en novembre prochain. A cette occasion, les 29 ministres (25 pour l'UE, plus Bulgarie, Roumanie, Suisse et Norvège) devraient, selon la ministre allemande de la Recherche, présidente du Conseil de l'ESA, Eldegard Buhlman, adopter le Programme spatial européen après avoir répondu aux questions encore non élucidées en matière de financement et de mise en œuvre.
Les contours budgétaires du Programme spatial restent pour le moment encore assez vagues. Interrogé par la presse, le Commissaire européen à l'industrie, Günter Verheugen, a rappelé que, si les activités spatiales étaient « en grande partie l'affaire de l'ESA », le budget de l'UE qui sera consacré au Programme spatial tournera autour du 7ème Programme cadre pour la recherche développement (PCRD) - soit 4 milliards d'euros sur la période 2007-2013 pour la recherche spatiale et la sécurité (protection des réseaux informatiques). Mais ce budget dépendra des futures perspectives financières et « si elles sont réduites, l'UE devra peut être revoir ses prétentions », a reconnu M. Verheugen.
Tous les participants à ce 2ème Conseil Espace ont néanmoins salué son succès et les opportunités que la Politique spatiale européenne offrira à l'Europe et à ses citoyens, que ce soit dans le cadre de la découverte de l'espace ou du développement d'innovations technologiques qui auront une répercussion sur l'économie et sur la vie quotidiennes des Européens. Dans ce contexte, Mme Buhlman a rappelé les atouts de « l'utilisation toujours plus accrue des technologies de l'espace, notamment en matière d'observation de la Terre » qui permettra notamment la détection précoce des catastrophes naturelles (et permettra une plus grande rapidité de réaction) et la réduction de la pollution atmosphérique. Le Conseil Espace a également mis l'accent sur les bénéfices de la Politique spatiale en termes de création d'emplois. « En cette période où l'Europe ne fait plus rêver, la politique spatiale européenne pourra et devra faire rêver les citoyens », a estimé M. Biltgen. Le directeur de l'ESA, Jacques Dordain, a salué pour sa part le symbole que représente la tenue du 2ème Conseil Espace à Luxembourg, quelques jours avant l'entrée du Grand Duché au sein de l'ESA en tant que 17ème membre. Il s'est également réjoui des dix ans de collaboration entre l'ESA et l'UE qui ont permis de « rapprocher le monde spatial du monde des citoyens ». M. Dordain a indiqué que le prochain Conseil de l'ESA au niveau ministériel se tiendrait en décembre prochain à Berlin.