Bruxelles, 26/05/2005 (Agence Europe) - Après trois heures d'intenses négociations mercredi à Genève au niveau ministériel, réunion que les Iraniens avaient qualifiée « de la dernière chance », l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume Uni qui négocient au nom de l'UE) et l'Iran ont décidé de s'accorder deux mois de répit pour parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien et ont ainsi sauvé le processus de négociation en évitant une éventuelle saisine du Conseil de sécurité des Nations unies. A l'issue des pourparlers qui ont réuni les ministres des Affaires étrangères de l'UE-3, l'Allemand Joschka Fischer, le Britannique Jack Straw et le Français Michel Barnier, ainsi que le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, et le principal négociateur iranien, Hassan Rohani, ce dernier a indiqué à la presse que les Européens présenteraient à Téhéran d'ici fin juillet un ensemble de «propositions concrètes» de coopération. Téhéran de son côté maintiendra le gel de toute activité de conversion d'uranium. « L'UE s'est engagée à présenter une proposition détaillée à l'Iran. (...) Nous pensons que nous devrions parvenir à un accord raisonnable dans un laps de temps relativement court », a déclaré M. Rohani, en ajoutant qu'il devait maintenant soumettre l'offre européenne aux autorités de Téhéran. « Ce résultat est important pour nous car depuis le début, l'un de nos principaux motifs de préoccupation a été que les négociations se prolongent de manière excessive », a ajouté M. Rohani.
Les propositions européennes viseraient notamment à renforcer l'accord conclu en novembre à Paris par lequel l'Iran a accepté de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium en échange d'incitations économiques et technologiques. Selon M. Barnier, les futures propositions européennes « concernent notamment la mise en place en Iran d'un programme nucléaire à des fins exclusivement civiles ». En échange de la transparence sur le dossier nucléaire, et pour montrer que la sécurité de l'Iran « ne passe pas forcément par la bombe atomique », les Européens devraient aussi proposer un mécanisme de sécurité. S'adressant à la presse, M. Straw a assuré que Téhéran allait maintenir le gel de ses activités nucléaires sensibles et respecter son engagement quant au caractère pacifique de son programme nucléaire. «Quoi qu'il en soit, rapprocher des positions divergentes sera tout sauf aisé», a toutefois prévenu pour sa part M. Fischer dans une interview à la télévision allemande ZDF. Mercredi, Washington a réagi avec prudence en réaffirmant son soutien aux efforts européens mais aussi ses doutes sur le programme iranien. Européens et Américains espèrent que le prochain président iranien sera en mesure de conclure un accord définitif. Akbar Hachémi Rafsandjani, qui avait été président de l'Iran de 1989 à 1997, et a de très bonnes chances pour l'élection présidentielle de juin prochain, a estimé jeudi dans un entretien au ZDF qu'un accord était possible. « Les négociations doivent être menées sur la base de la confiance. Nous devons convaincre les Européens que notre technologie nucléaire n'est utilisée qu'à des fins pacifiques », a-t-il déclaré.