Bruxelles, 01/04/2005 (Agence Europe) - Le président iranien Mohammad Khatami a saisi l'occasion d'une visite organisée pour la presse internationale sur deux sites du programme nucléaire iranien pour de nouveau mettre la pression sur les Européens: M. Khatami a en effet réaffirmé que l'Iran avait l'intention de reprendre ses activités d'enrichissement d'uranium suspendues depuis l'Accord de Paris de novembre dernier signé avec l'UE-3 - Allemagne, France et Royaume-Uni qui négocient au nom de l'UE - sans toutefois abandonner les négociations. M. Khatami a accompagné une cinquantaine de journalistes locaux et étrangers lors de la visite d'une usine d'enrichissement nucléaire à Natanz et d'une installation de transformation d'uranium près d'Ispahan. Le président iranien a indiqué que, « malgré les pressions » exercées sur son pays pour le « priver de technologie nucléaire pacifique », l'Iran était « sur le point de produire du combustible nucléaire ». « Dans le proche avenir, nous achèverons ce que nous avons fait jusqu'ici. Nous n'abandonnerons les activités nucléaires pour aucune récompense », a-t-il averti en faisant allusion au vaste accord de commerce, de coopération technologique et de dialogue politique promis par les Européens en échange de « garanties objectives » que l'Iran cesse définitivement d'enrichir de l'uranium. Téhéran n'a toutefois pas l'intention d'abandonner les négociations en cours avec les Européens: M. Khatami a rappelé que les experts européens du groupe de travail sur les questions nucléaires (qui doit se réunir pour une nouvelle session de négociations à huis clos à Genève au courant du mois d'avril) examinaient actuellement une proposition iranienne visant à réduire en plusieurs étapes les activités d'enrichissement de l'Iran à une portion minimale. A Natanz, le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi, a rappelé aux journalistes présents que l'Iran voulait, sous étroite surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), « produire du combustible nucléaire » à des fins civiles. « L'Iran demande simplement, mais clairement, de pouvoir faire comme le Japon, l'Allemagne ou le Brésil », a ajouté M. Saïdi. Berlin, Londres et Paris n'ont pas souhaité réagir aux déclarations de M. Khatami. A Washington, le département d'Etat a choisi de relativiser les propos du président iranien et a renouvelé son soutien aux négociations menées par des Européens pour obtenir une « cessation complète du programme iranien d'armement nucléaire ».