Bruxelles, 02/02/2005 (Agence Europe) - Lors de la conférence « Communicate Europe » organisée par l'Association des anciens stagiaires de l'Union européenne (ADEK), le député européen Jean-Luc Dehaene, ancien vice-président de la Convention européenne, a évoqué le défi de donner une claire et nette « image à l'Europe », alors que « le message est par nature complexe et nuancé ». Le message sur l'Europe ne doit donc pas être « trop détaillé ni technique », et il faut trouver le bon dosage entre des références à l'esprit européen et l'ancrage dans les différentes réalités nationales, régionales et locales. L'élu chrétien-démocrate belge a souligné l'importance des symboles, tels que le drapeau européen et l'euro, qui peuvent être des créateurs d'identité pour les citoyens européens. « J'ai toujours plaidé pour une immatriculation européenne des plaques automobiles, pour un passeport européen et pour l'installation dans les ambassades du drapeau européen à côté de celui des États membres », a expliqué l'ancien Premier ministre belge.
Lorsqu'on doit parler d'Europe, estime l'ancien « conventionnel », il faut tenir compte de l'évolution de la communication: « Nous vivons dans une société où la culture visuelle domine de plus en plus (…). Nous sommes dans l'ère des médias de titres et de slogans », a-t-il noté, en rappelant que les gens lisent de moins en moins la presse écrite et en avertissant: si on ne tient pas compte de cette évolution, « on n'atteint pas le grand public ».
Interrogé sur le rôle que la Convention européenne a pu jouer pour la communication sur l'Europe, Jean-Luc Dehaene a souligné que la Convention a fait bien plus que tous les exercices antérieurs de révision des traités. Il a rappelé néanmoins que le Président Valéry Giscard d'Estaing se plaignait souvent de l'insuffisance de retombées médiatiques des travaux de la Convention. « Un des mérites de la Constitution est de donner une définition claire de la finalité, des valeurs européennes et des compétences de l'Europe », et elle constitue « une base plus claire pour « vendre » l'Europe », conformément au souhait énoncé par les États membres dans la déclaration de Laeken, a observé M. Dehaene.
Jean-Luc Dehaene, cependant, ne se fait pas beaucoup d'illusions sur le niveau de mobilisation des citoyens au sujet de la Constitution: « La plupart des gens ne liront pas la Constitution ». Lors des référendums, ils « répondront par oui ou par non à ce que certains disent ou ne disent pas à propos de l'Europe ». C'est pourquoi l'ancien Premier ministre belge confirme son opposition à la tenue de référendums sur la Constitution, en rappelant que la Belgique a finalement renoncé à l'organisation d'une consultation populaire (qui, de toute façon, ne saurait être que consultative). Le référendum est loin d'être « un summum de la démocratie », estime M. Dehaene.
Intervenant à la conférence, Beate Gminder, du Cabinet de la Commissaire Margot Wallström, s'est exprimée sur la stratégie d'information et de communication de la Commission actuellement en préparation et attendue pour le printemps prochain. Elle a estimé que les stratégies précédentes poursuivaient de bons objectifs, mais n'avaient jamais fait l'objet d'une mise en œuvre complète. Il faut donc « aller plus loin, trouver des moyens plus ouverts » et s'interroger sur les différentes catégories de destinataires. Selon Beate Gminder, la nouvelle stratégie devrait développer une double approche: « vendre les thèmes qui nous tiennent à cœur, et voir ce que veulent savoir les citoyens ». La Commission pencherait plutôt pour une décentralisation de la mise en œuvre de la stratégie impliquant davantage ses représentations dans les États membres, ainsi que des ONG et des réseaux tels que le Mouvement européen - bref, « tous ceux qui savent prendre le pouls du pays ».
Interrogée par EUROPE au sujet Groupe « Communication et programmation » présidé par Margot Wallström et composé des Commissaires Jacques Barrot, Danuta Hübner, Viviane Reding, Dalia Grybauskaite, Jan Figel et de Peter Mandelson, Beate Gminder a confirmé qu'il s'était réuni pour la première fois et que le rythme de travail serait de six semaines environ. L'objectif du groupe est notamment de suivre la mise en œuvre effective de la stratégie de la Commission et de son programme de travail annuel, et de conseiller, développer et piloter la nouvelle stratégie de communication générale de la Commission.