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Bulletin Quotidien Europe N° 8867
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

M. Sharon explique à M. Solana que le plan de retrait de Gaza peut ramener à la feuille de route

Bruxelles, 14/01/2005 (Agence Europe) - Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, lors d'une rencontre jeudi soir à Jérusalem avec le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, a souligné qu'Israël est intéressée à renforcer ses relations avec l'UE, notamment à travers la politique européenne de voisinage (PEV) dans le cadre de laquelle un plan d'action vient d'être adopté par le Conseil de l'UE. En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, M. Sharon a partagé avec M. Solana le jugement qu'une « nouvelle opportunité » avait été créée par les élections palestiniennes pour avancer dans le « processus diplomatique dans la région », selon un communiqué de presse du gouvernement israélien. M. Sharon a aussi souligné qu'il est intéressé à reprendre la « coordination » en matière de sécurité entre Israël et les Palestiniens « à tous les niveaux ». Le Premier ministre a affirmé à M. Solana que si les Palestiniens prenaient des « mesures tangibles » pour arrêter les actes terroristes, alors il serait possible pour Israël de coordonner avec les Palestiniens certains éléments du plan de désengagement de la Bande de Gaza, en vue d'assurer que le territoire soit rendu directement à des responsables de l'Autorité palestinienne et que les évacuations soient conduites « calmement et pas sous les tirs ». Selon le communiqué du gouvernement israélien, M. Sharon a souligné que le plan de désengagement a “le potentiel de ramener à la feuille de route », mais il a aussi expliqué qu'il n'y aura ni de compromis, ni de concessions sur la question de la sécurité des citoyens israéliens et de l'arrêt des actions terroristes. M. Solana s'est félicité de l'engagement de M. Sharon de poursuivre son plan de désengagement, malgré les difficultés politiques que ce plan crée à l'intérieur d'Israël.

Peu avant sa rencontre avec M. Sharon, M. Solana avait critiqué dans une interview le mur de séparation construit par Israël, en estimant qu'il représente un obstacle sur le chemin vers la paix. Le mur « n'est pas une bonne chose pour promouvoir la confiance » entre Israéliens et Palestiniens, a estimé le Haut représentant de l'UE dans une interview avec Dow Jones Newswire. M. Solana a, en même temps, aussi, insisté sur la nécessité d'assurer que l'Autorité palestinienne se dote de structures efficaces et d'une gestion financière saine et transparente. « La transparence, c'est-à-dire ne pas avoir de la corruption, fait aussi partie de la question de créer un Etat », a-t-il dit. L'Autorité palestinienne a déjà fait des efforts importants dans ce domaine, et le travail effectué par l'actuel ministre palestinien des Finances, Salam Fayyad, est « extraordinaire », a estimé M. Solana.

Entre-temps, Israël a demandé à la Russie d'annuler la vente prévue de missiles à la Syrie, estimant qu'elle risque de perturber la stabilité régionale. "La Syrie est un pays qui soutient le terrorisme et fournit continuellement des armes au Hezbollah", a dit jeudi Silvan Shalom, le ministre israélien des Affaires étrangères, en estimant que la vente de missiles "n'améliorera pas les chances de la paix". M. Solana, est également intervenu jeudi pour exhorter le président russe Vladimir Poutine à reconsidérer l'accord. Après sa rencontre avec M. Shalom à Tel Aviv, M. Solana a estimé que la vente pourrait troubler les efforts de paix au Proche-Orient et il a rappelé que la Russie fait partie du "Quartet" qui a élaboré la "feuille de route" destinée à conduire Israéliens et Palestiniens vers la paix. "Je fais confiance au président Poutine pour ne rien faire qui aille à l'encontre de la stabilité dans la région, qui est autant un intérêt pour lui que pour nous", a-t-il dit. Le gouvernement syrien, pour sa part, affirmait qu'aucun accord n'avait encore été conclu. Israël craint que ces missiles anti-aériens, des Igla SA-18, puissent se retrouver entre les mains des combattants du Hezbollah, le mouvement chiite libanais pro-syrien, et viser des cibles israéliennes.

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