Bruxelles, 13/01/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait décider le 19 janvier d'ouvrir une enquête concernant le plan de restructuration de la compagnie aérienne italienne Alitalia. Confirmant ce qui était dans l'air depuis quelques semaines, le Commissaire aux transports, Jacques Barrot, a annoncé mercredi son intention de proposer à la Commission, lors de sa réunion de mercredi prochain, l'ouverture d'une enquête pour vérifier la conformité du plan en question avec la législation communautaire en matière d'aides d'Etat.
« J'ai l'intention de demander mercredi prochain au collège des Commissaires d'ouvrir une enquête pour obtenir des clarifications sur les questions que nous nous posons et pour éviter l'incertitude juridique », a déclaré à la presse M. Barrot après son entretien avec le ministre italien des Transports Pietro Lunardi. « Je veux qu'elle soit menée de façon exemplaire, sans retards, rapidement », a assuré M. Barrot. Une maigre consolation pour Pietro Lunardi qui espérait pouvoir convaincre le Commissaire de ne pas demander l'ouverture de cette enquête et qui est reparti en espérant que celle-ci, qui pourrait en théorie durer 18 mois, soit « aussi brève que possible », c'est-à-dire d'une durée de « quelques mois ». Selon le ministre italien, cité par Reuters, la Commission souhaiterait des clarifications sur 23 points concernant le plan de restructuration d'Alitalia, soumis en octobre 2004. Mais jeudi, le porte-parole de M. Barrot a assuré que ses doutes ne portent que sur « un nombre limité d'éléments ».
Et de fait, deux éléments du plan de restructuration d'Alitalia (qui prévoit notamment une recapitalisation et une scission de l'entreprise en deux entités: AZ Fly qui reprendra les vols d'Alitalia et AZ Services qui s'occupera des services aéroportuaires) poseraient véritablement problème. D'une part, l'absence de garantie bancaire - et donc du secteur privé - pour la recapitalisation d'AZ Fly dans le dossier remis en octobre à la Commission. Celle-ci souhaiterait également clarifier le rôle de la société publique italienne Fintecna, qui envisage de prendre une participation dans la nouvelle société AZ Services, pour être sûre qu'elle agira bien en tant qu'investisseur privé.