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Bulletin Quotidien Europe N° 8866
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/relations transatlantiques

Le Parlement pratiquement unanime pour souhaiter que la visite du président Bush marque une nouvelle phase - Pour un renforcement des relations avec le Congrès

Strasbourg, 13/01/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen, à quelques semaines de la visite de George W. Bush à Bruxelles (le 22 février), a espéré mercredi que les entretiens avec le président américain et le début d'une nouvelle administration entraîneront une meilleure phase dans les relations transatlantiques. La rencontre du 22 février sera-t-elle du type « Troïka » ou « 25 + un ? ». En répondant à cette question en conférence de presse, Jean-Claude Juncker a avoué: je ne m'associerais pas à cette formule qui ne reflète pas le poids des Etats-Unis. Au cours du débat, Sean O'Neachtain (UEN, irlandais) a été pratiquement le seul à évoquer la relation avec le Canada, et le Commissaire européen Janez Potocnik a commenté: cette relation « est vraiment florissante », et c'est peut-être pour cela que nous en parlons peu. Quant à Jean-Claude Juncker, dans le débat sur la Présidence luxembourgeoise, il avait noté que, pendant ce semestre, il y aura avec le Canada « un Sommet entre amis » pour discuter des « problèmes d'importance mutuelle ».

Lors du débat de mercredi, le président du Conseil Nicolas Schmit a assuré que la Présidence luxembourgeoise entend saisir l'occasion de la visite du président Bush (qui est « un geste politique et symbolique important ») pour « donner à la relation une impulsion nouvelle ». Le ministre luxembourgeois aux Affaires européennes a mentionné trois dossiers d'une « urgence particulière » dans la coopération UE/Etats-Unis: le processus de paix au Proche-Orient, l'Irak et l'Iran. Dans le cas de l'Iran, « des objectifs partagés coexistent avec des approches différentes », a admis M. Schmit, en reconnaissant aussi que « il existe entre nous des points de vrai désaccord, comme sur le changement climatique, la Cour pénale ou la peine de mort », des désaccords qu'il faut essayer de résoudre, même si « ce ne sera pas toujours possible ». (M. Schmit a salué l'ouverture de négociations sur l'affaire Airbus/Boeing: voir EUROPE du 12 janvier, p. 8). Selon le président du Conseil, « la meilleure preuve de la maturité de la relation transatlantique serait que nous parlions moins de cette relation en elle-même que des missions que nous nous fixerons ensemble ». Le dixième anniversaire du New Transatlantic Agenda « incite à réfléchir sur l'état de cette relation, y compris sur son dispositif institutionnel », a conclu M. Schmit, qui s'est prononcé pour le renforcement du dialogue euro-américain à tous les niveaux, y compris parlementaire, car aux Etats-Unis, il y a « une zone de pouvoir importante au Congrès ». Le Commissaire européen Potocnik, qui remplaçait Benita Ferrero-Waldner (en visite aux Etats-Unis), s'est exprimé dans le même sens, en annonçant que la Commission allait lancer une « étude indépendante » analysant les avantages et les inconvénients du cadre régissant la relation transatlantique. Après une « période turbulente », nous voulons nous engager pour le renforcement de cette relation, a-t-il assuré.

Protocole de Kyoto, Tribunal pénal international, peine de mort, situation à Guantanamo: voilà les questions qui sont revenues souvent dans les interventions des parlementaires, qui étaient cependant quasi unanimes pour reconnaître la nécessité de surmonter certaines divergences du passé pour entamer une nouvelle phase. Seule voix réellement discordante, celle de Tobias Pflüger (GUE, allemand) qui a profité de l'occasion pour affirmer que la Constitution européenne entraînera une « militarisation » de l'UE: je serai à la manifestation organisée à Mayence pour la visite du président Bush, a-t-il annoncé. « Donnons une chance au Président Bush » de rechercher une amélioration des relations avec l'UE, a plaidé au contraire le vert allemand (d'origine turque) Cem Ozdemir. Quant à Elmar Brok (CDU), président de la commission des Affaires étrangères, il s'est étonné une fois de plus que l'UE n'ait « aucune relation contractuelle » avec les Etats-Unis, sauf au sein de l'OTAN, alors que Cecilia Malmström (ALDE, suédoise) a suggéré la création d'une assemblée parlementaire transatlantique (rappelons qu'il y a déjà une Assemblée parlementaire de l'OTAN). Il faut « rehausser » la relation transatlantique, la rendre plus visible, et agir dans trois domaines ou il y doit y avoir « communauté d'action », s'est exclamé le conservateur britannique James Elles, en citant la paix au Proche-Orient, la sécurité globale (lutte contre le terrorisme, mais aussi contre la pauvreté et le sous-développement) et la réalisation d'un marché transatlantique d'ici 2015. Le Nouvel Agenda transatlantique n'est pas assez « politique », il est trop « technique » et peu compréhensible, a regretté la sociale-démocrate allemande Erika Mann, qui a souhaité un renforcement de la coopération économique et commerciale, tout en précisant: nous sommes contre une « zone de libre-échange transatlantique » . L'ancien Premier ministre italien Massimo D'Alema (PSE) a exhorté les Européens à éviter à la fois « l'anti-américanisme stérile » et la course pour « s'accrocher aux coalitions de vainqueurs » (qui ne le sont pas, comme le montre l'Irak ): face aux Etats-Unis, l'Europe doit se montrer « unie, fidèle à ses principes », elle doit être « elle-même », a-t-il insisté. J'espère que John Bruton (ancien Premier ministre irlandais maintenant chef de la Délégation de l'UE à Washington) contribuera à « rehausser le profil » de notre relation, et qu'il sera invité à l'avenir à participer à des débats de ce genre, a affirmé le conservateur britannique Jonathan Evans.

Au cours du débat, plusieurs députés ont affirmé que l'action internationale des Etats-Unis est plus efficace que celle de l'UE: c'est le cas de Philip Claes (Vlaams Belang belge), qui a cependant reproché à Washington son « ingérence » dans les affaires de l'Union à propos de la Turquie. Chez nous, il y a « trop de clichés » sur les Etats-Unis, s'est plaint Miroslaw Piotrowski (Ind/Dem), alors que son compatriote Bogdan Klich (PPE-DE) a demandé: « pourquoi nous n'invitons pas le président Bush à prendre la parole au Parlement ? ». Au sein du même groupe, le Polonais Jerzy Buzek a estimé que l'UE et les Etats-Unis doivent agir ensemble pour contribuer au renforcement de la démocratie dans le monde, alors que son compatriote Mark Czarnecki (non inscrit) a noté que certains nouveaux membres de l'UE ont avec Washington des relations plus étroites que d'anciens Etats membres (chez nous, les syndicats étaient contre la guerre en Irak, mais ils sont pour une forte relation avec Washington, a-t-il ajouté). Le socialiste polonais Jozef Pinior a estimé pour sa part que l'UE a besoin des Etats-Unis, mais que les Etats-Unis ne doivent pas « imposer leur diktat » à l'Union: nous n'avons pas besoin d'un « nationalisme paneuropéen » face aux Etats-Unis, mais le monde « n'a pas besoin non plus d'une domination américaine », s'est-il exclamé. Nous ne devons pas rivaliser avec Washington, mais être un partenaire sur un pied d'égalité, a souhaité Istvan Szent-Ivanyi (ALDE, hongrois).

Le PE pour un Accord de partenariat qui entrerait en vigueur en 2007

Le Parlement européen a adopté par 319 oui, 94 non et 151 abstentions une résolution des groupes PPE-DE, PSE, ALDE et UEN souhaitant qu'on aboutisse, d'ici décembre 2005, à un accord visant à mettre à jour le Nouvel Agenda Transatlantique de 1995 en le remplaçant par un Accord de partenariat transatlantique à mettre en œuvre à partir de 2007. Par ailleurs, le « dialogue transatlantique des législateurs » devrait « prendre toute sa dimension ». Il faudrait en particulier mettre en place « immédiatement un système d'alerte rapide » entre les deux parties et transformer graduellement les échanges interparlementaires existant en une « Assemblée transatlantique de fait ». Le PE apppelle de ses vœux, dans ce contexte, l'établissement d'une « communauté d'action » transatlantique pour les défis régionaux et mondiaux, axée sur: - la paix au Proche-Orient (Palestine, Iran et Irak) ;- la sécurité mondiale (lutte contre le terrorisme, réforme de l'ONU, réduction de la pauvreté, des maladies transmissibles et de la dégradation de l'environnement) ; - un « nouvel élan pour renforcer le partenariat économique » (le PE a approuvé un amendement du Néerlandais Jan Marinus Wiersma, pour le PSE, invitant les Etats-Unis à « assumer leur part de stabilité envers la stabilité économique dans un monde de plus en plus interdépendant ».

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