Bruxelles, 13/01/2005 (Agence Europe) - Pour le dix-neuvième mois consécutif, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de ne pas changer ses taux d'intérêt. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations de refinancement reste à 2%, le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal à 3% et celui de la facilité de dépôt à 1%, a indiqué Jean-Claude Trichet, à l'issue du Conseil des gouverneurs. « Les taux sont aujourd'hui ceux qui correspondent le mieux avec notre mandat », a dit à la presse le Président de la BCE, en rappelant l'objectif de crédibilité de l'institut de Francfort. Il a estimé que la situation de la zone euro était très largement la même qu'il y a un mois, avec une perspective de « croissance modérée » (EUROPE d'hier, p.15 et 16) et de baisse confirmée des prix du pétrole. Du côté de l'inflation, les estimations pour décembre 2004 sont remontées à 2,3%, mais ce taux ne semble toutefois pas contrarier la BCE qui s'attend toujours à le voir redescendre sous les 2% « courant 2005 ».
M.Trichet a refusé de commenter les derniers chiffres du déficit commercial américain qui s'est un peu plus creusé par rapport aux mois précédents, mais a reconnu qu'une consolidation des déséquilibres de ce type est « une préoccupation de tous ». D'après les chiffres annoncés mercredi, le déficit des Etats-Unis se situait à plus de 60 milliards de dollars en novembre, provoquant une hausse de l'euro à 1,3280 dollar au lieu de 1,3114 la veille. M.Trichet a simplement précisé qu'il avait confiance dans les propos tenus la semaine dernière par John Snow, le secrétaire américain au Trésor, qui a réaffirmé vouloir réduire les déficits jumeaux américains (EUROPE du mercredi 12 janvier, p.13). Chacun, de part et d'autre de l'Atlantique, doit « faire sa part de travail », a-t-il rappelé, les Européens en réalisant « les réformes structurelles afin d'élever leur potentiel de croissance » et les Américains en augmentant leur épargne. Et de souligner que cette « vision est partagée par les collègues du G10 ».
Interrogé sur les résultats de la BCE pour 2004, Lucas Papademos, a reconnu que celle-ci enregistrera des pertes, mais a refusé d'en préciser l'amplitude. Alors que les spéculations font état d'une perte de plus d'un milliard d'euros (EUROPE du 12 janvier, p .12), les résultats et les chiffres définitifs seront approuvés par le Conseil des Gouverneurs, le 17 mars, a confirmé le vice-président.
A propos de la relation entre la BCE et l'Eurogroupe, M.Trichet a affirmé être « en parfait accord » avec Jean-Claude Juncker qui souhaite renforcer leur dialogue (EUROPE d'hier, p.15). Le président de l'Eurogroupe (avec le président de la Commission, José Manuel Barroso), assistait au Conseil des gouverneurs, à qui il a présenté les priorités de la Présidence luxembourgeoise. Concernant la clarification du Pacte de stabilité et de croissance, M.Trichet a espéré « une conclusion convaincante » des discussions.