Bruxelles, 29/11/2004 (Agence Europe) - Un accord sur le dossier iranien était attendu lundi soir à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, suite au retrait, accepté avec beaucoup de réticences par l'Iran, de ses demandes d'exemption sur le gel de ses activités d'enrichissement d'uranium. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, qui négocient avec Téhéran au nom de l'UE, ont remis dimanche soir leur projet de résolution aux 32 autres pays du Conseil des gouverneurs de l'AIEA afin qu'il soit adopté lundi après-midi par consensus.
En remettant dimanche soir une lettre à l'AIEA confirmant qu'elle accepte de placer sous surveillance ses 20 centrifugeuses qui sont au centre des débats depuis jeudi dernier (voir EUROPE du 27 novembre, p.5), l'Iran a retiré sa demande d'exemption partielle de ses activité d'enrichissement d'uranium au gel convenu avec l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. "L'Iran ne conduira aucun test et débattra de nouveau du sujet avec l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni lors des discussions en décembre sur un accord à long terme sur le gel de nos activités d'enrichissement d'uranium", a indiqué à l'AFP le négociateur iranien à Vienne, Hossein Moussavian.
De nombreux points soulevés par les Iraniens ont longtemps contrarié la remise du projet de résolution européen: l'Iran rejetait en effet la formulation du premier article du projet (qui évoque "la poursuite essentielle de la suspension"), et exigeait que les 20 centrifugeuses ne soient pas placées sous scellés par l'AIEA. En levant maintenant tout obstacle à un compromis, Téhéran évite de faire voler en éclats l'accord conclu avec les Européens le 7 novembre dernier à Paris et de faire persister le doute quant à ses intentions pacifiques, notamment de la part des Etats-Unis. Washington, convaincu que l'Iran dissimule un programme militaire visant la fabrication de l'arme nucléaire, est favorable à une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU, mais a soutenu, sans enthousiasme, le projet de résolution européen qui ne fait aucune référence au Conseil de sécurité.