Bruxelles, 15/11/2004 (Agence Europe) - Lors d'une tournée européenne qui doit l'amener à Berlin en fin de semaine pour participer à la réunion des ministres des Finances du G20, qui regroupe les Etats du G7 ainsi que, en particulier, la Chine, la Corée, la Russie ou la Turquie, le secrétaire américain au Trésor John Snow a réaffirmé, lundi à Dublin, son soutien à un dollar fort. Aux journalistes qui l'accompagnaient lors de cette étape, il a souligné que la politique américaine était bien connue et qu'un "dollar fort est en faveur des intérêts américains".
Toutefois, au moment où l'euro se rapproche de son niveau historique par rapport au dollar, atteint la semaine dernière lorsqu'il s'échangeait à 1,3005 dollar et où le billet vert est au plus bas par rapport au yen depuis sept mois, John Snow n'a pas exprimé son soutien à une intervention coordonnée sur le marché de changes. Au contraire, il a estimé que c'est au marché de décider: "les marchés sont guidés par des fondamentaux, et les fondamentaux sont déterminés au mieux par les opérations de marchés ouverts et compétitifs", a-t-il indiqué.
La situation sur le marché des changes devait être abordée par l'Eurogroupe, car si elle dope les exportations américaines et permet aux Etats-Unis de financer ses déficits, elle présente des risques pour l'UE, dans un contexte de ralentissement de la croissance et d'une demande intérieure hésitante dans plusieurs Etats membres. Les ministres des Finances de la zone euro qui se réunissaient lundi soir n'auront peut être pas d'autre option, pour tenter de renverser la tendance, que de s'en tenir à des déclarations verbales à l'attention des marchés. En effet, malgré des propos fermes du Président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, pour dénoncer les mouvements de change brutaux la semaine dernière, il semble difficile pour l'institution de Francfort de faire cavalier seul et de procéder à des interventions de change sans la participation des Américains. Certains économistes considèrent également que cette forte appréciation de l'euro par rapport au dollar a des conséquences positives, notamment vis-à-vis de l'inflation et de la facture des prix du pétrole.